
Selon les dernières estimations du Bureau du Plan, nous sommes cette année sur la trajectoire d’un déficit budgétaire de 4,9 % du PIB, soit 33 milliards d’euros. Et cela sans tenir compte de l’impact de la guerre en Iran, qui viendra surtout s’ajouter via une croissance économique plus faible et des taux d’intérêt plus élevés (probablement de plusieurs milliards supplémentaires). Sans mesures correctives, ce déficit continuera d’augmenter dans les années à venir, principalement en raison de la hausse des charges d’intérêt sur la dette publique, de l’augmentation des dépenses pour les pensions et les soins, ainsi que de la réduction fiscale prévue. Selon le Bureau du Plan, le déficit budgétaire atteindra 6,3 % du PIB, soit 42 milliards d’euros d’aujourd’hui, en 2031.
Dans ce contexte, la dette publique continuera également à augmenter. De 109 % du PIB cette année, elle devrait atteindre 122 % en 2031. Et ce n’est pas tout. La dynamique du ratio d’endettement est déterminée d’une part par la différence entre le taux d’intérêt de la dette et la croissance économique (si le taux d’intérêt est supérieur à la croissance, le ratio d’endettement augmente) et d’autre part par le déficit budgétaire hors charges d’intérêts (plus il est élevé, plus le ratio d’endettement croît). Aujourd’hui, le taux d’intérêt moyen sur la dette est encore inférieur à la croissance économique nominale, mais avec les taux du marché actuels et les perspectives de croissance, cette situation ne durera pas. Par ailleurs, le déficit budgétaire reste (de beaucoup) trop élevé, entraînant une augmentation continue du ratio d’endettement.
Avec les perspectives actuelles de croissance et de taux, sans mesures pour réduire le déficit, nous serons en voie d’une dette publique de plus de 150 % du PIB d’ici 2040, et de plus de 200 % du PIB à l’horizon 2050. À mesure que ce scénario devient plus probable, le taux d’intérêt du marché augmenterait inévitablement, ce qui accélérerait encore cette dynamique. La situation est claire depuis un certain temps déjà (même avant les dégradations de notation) : sans mesures, nos finances publiques empruntent une voie insoutenable, et les mesures déjà prises par ce gouvernement ne suffisent pas à inverser la tendance.
Les dégradations de notation attirent beaucoup d’attention, mais elles ne sont en soi guère plus qu’une confirmation de ce qui était déjà clair pour quiconque prendrait cinq minutes pour examiner les chiffres des finances publiques belges. Il ne s’agit donc pas d’une catastrophe immédiate pour nos finances publiques, mais plutôt de l’enième signal d’alarme montrant qu’il faut faire des efforts sérieux pour remettre ces finances sur les rails.
La situation actuelle est insoutenable à long terme, mais implique aussi que nous ne disposons pas à court terme de marges de manœuvre pour absorber d’éventuels nouveaux chocs. En cas de nouvelle crise, nous risquons de rapidement rencontrer des difficultés. Aujourd’hui, les taux du marché sur les obligations publiques belges sont environ 0,5 % plus élevés que la moyenne prévue pour 2025. Si ce niveau de taux persistent et s’applique à toute la dette publique (ce qui nécessite que les taux élevés durent dans le temps), cela représenterait 3,5 milliards d’euros de charges d’intérêt supplémentaires annuelles. Cela devrait clairement montrer la vulnérabilité de notre pays face à de nouveaux chocs. Des mesures urgentes sont donc nécessaires pour rétablir la soutenabilité de nos finances publiques à long terme, mais aussi pour réduire la vulnérabilité à court terme.
Le Premier ministre De Wever a déjà indiqué qu’il souhaite trouver dans les prochains mois un accord sur un effort budgétaire supplémentaire de trois à quatre milliards. Selon le Comité de suivi, un effort de cinq milliards est nécessaire pour atteindre l’objectif minimal européen. Mais cela ne suffira pas non plus à remettre nos finances publiques sur la bonne voie. Pour stabiliser notre dette publique à long terme (en supposant des hypothèses prudentes sur la croissance et les taux), un effort structurel de 16 milliards est nécessaire (et même dans ce cas, la dette publique resterait largement au-dessus de 100 % du PIB). Le débat politique actuel sur les efforts budgétaires nécessaires ne prend toujours pas pleinement la mesure de la gravité de la situation.
Entre-temps, les syndicats ont présenté un plan alternatif pour le budget. Ils proposent de nouvelles mesures pour un montant total de 21 milliards d’euros, dont 20 milliards de recettes fiscales supplémentaires. Ce plan ignore le fait que la Belgique fait déjà partie aujourd’hui du peloton de tête européen en matière de pression fiscale globale. Avec 20 milliards supplémentaires en impôts, nous serions largement en tête des pays européens avec la plus lourde pression fiscale. C’est une dangereuse illusion de penser que cela pourrait se faire sans causer de dommages significatifs à notre économie.
Nous sommes aujourd’hui le quatrième pays européen en termes de recettes publiques, mais aussi en termes de dépenses publiques. Selon le FMI, sans mesures correctives, nous serons en 2031 le deuxième pays avec les dépenses publiques les plus élevées parmi les pays industriels. Les efforts budgétaires doivent donc se concentrer principalement sur la maîtrise des dépenses. La solution ne réside pas dans une pression fiscale encore plus élevée. Parallèlement, il est tout aussi important de viser résolument une croissance économique plus forte. Plus de croissance facilite tout, y compris le redressement de nos finances publiques. Quoi qu’il en soit, les prochains mois représentent pour le gouvernement un défi majeur (sans place pour des jeux politiques).
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