
Au cours des cinq dernières années, jamais les travailleurs n’avaient encore autant de jours de congés légaux à prendre après les vacances d’été que cette année. Jusqu’en août 2026 inclus, ils ont pris en moyenne 6,8 % des heures ouvrables de congés légaux, alors que ce pourcentage s’élevait encore à 6,9 % pour la même période en 2022. En général, les congés sont également répartis sur l’ensemble de l’année et moins concentrés sur les mois traditionnels de juillet et août. C’est ce que révèle une analyse réalisée par l’expert en RH Acerta sur la base des chiffres réels de plus de 350 000 travailleurs en service auprès de plus de 35 000 employeurs.
« Les entreprises ont déjà tout intérêt à discuter avec leurs travailleurs afin qu’ils répartissent suffisamment leurs jours de congé accumulés cet automne », indique Acerta.

Illustration 1 : Pourcentage des congés légaux par rapport à l’ensemble des heures ouvrables au fil des années – chiffres propres à Acerta pour les 8 premiers mois de 2026.
C’est surtout pendant les mois traditionnels d’été, juillet et août, que l’on prend moins de jours de congé. En 2022, près d’un cinquième du temps de travail dans notre pays était consacré aux congés (18,1 %), alors que ce chiffre n’est plus que de 16,8 % cette année. Il s’agit d’une diminution relative de 7,2 % par rapport à 2022. La Wallonie (18,9 % en 2026) et Bruxelles (18,4 % en 2026) ont toutefois enregistré une intensité d’occupation plus élevée pendant les vacances d’été, par rapport à la Flandre (16,4 %). De manière générale, ce sont surtout les 35-49 ans qui ont pris davantage de congés légaux pendant les mois d’été (19,8 %) par rapport aux autres tranches d’âge.

Illustration 2 : Pourcentage des congés légaux en juillet et août par rapport à l’ensemble des heures ouvrables, au fil des ans – chiffres propres à Acerta.
Quatre ans après la mise en place de vacances d’été plus courtes dans l’enseignement francophone, on constate clairement que les travailleurs s’y sont habitués. Alors qu’en 2023, première année de ce changement, les travailleurs avaient soudainement pris leurs congés d’été en l’espace de sept semaines, on observe désormais une répartition plus équilibrée tout au long de l’année. Le pic estival en Wallonie s’atténue, passant de 21,1 % en 2023 à 18,9 % en 2026. La même tendance s’observe à Bruxelles : de 19,3 % en 2023 à 18,4 % en 2026. Il est logique que ce soient surtout les 35-49 ans qui prennent généralement davantage de congés légaux en été : ce sont souvent des parents d’enfants, qui n’ont donc d’autre choix que de prendre leurs jours de congés légaux pendant l’été.
C’est dans les petites entreprises (10 à 49 travailleurs) que la plupart des travailleurs avaient déjà pris leurs congés avant septembre. Au cours de l’été, ils ont pris en moyenne 18 % de toutes les heures ouvrables sous forme de congés légaux, ce qui est nettement supérieur aux 15,3 % enregistrés dans les grandes entreprises (500 travailleurs et plus). De manière générale, les travailleurs des grandes entreprises ont également pris moins de congés légaux au cours des huit premiers mois de 2026 : 6,1 % contre 7,2 % pour les petites entreprises (10 à 49 travailleurs).
Dans quels secteurs les travailleurs ont-ils pris le plus de congés légaux au cours des huit premiers mois de 2026 ? Les secteurs en tête sont l’administration publique (8 %), le secteur financier (7,6 %) et l’industrie manufacturière (7,5 %). De manière générale, jusqu’en août, les ouvriers ont pris un peu plus de congés (6,8 %) que les employés (6,7 %). C’est dans le secteur non-marchand (6 %) et dans le commerce (6,3 %) qu’Acerta a enregistré les taux les plus faibles.
Melina Krantz, experte vacances chez Acerta, continue : « Quel que soit le nombre de jours de congés légaux que les travailleurs d’une entreprise ont déjà pris, il faut veiller à ce que tous les travailleurs n’accumulent pas leurs jours de congés jusqu’à la fin de l’année. Si tout le monde décide soudainement de prendre des congés à la même période, la continuité des activités de l’entreprise pourrait être compromise. Il est désormais possible de reporter les jours de congé légaux sur les deux années calendrier suivantes, mais cela n’est possible que lorsque les travailleurs n’ont pas pu prendre leurs congés pour cause de force majeure, par exemple en raison d’une maladie ou d’un congé de maternité. Les employeurs ont donc tout intérêt à établir en temps utile un planning de congés clair, afin d’éviter les problèmes liés à un trop grand nombre d’absences simultanées. »
Dans le cadre de cette étude, Acerta a analysé les données anonymisées relatives à l’occupation de plus de 350 000 travailleurs occupés chez 35 000 employeurs privés en Belgique. À cette fin, les chiffres des congés légaux de janvier à août de chaque année, entre 2022 et 2026, ont été comparés entre eux.