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Célébrer le 1er mai chaque semaine avec un jour de travail en moins ? Impossible pour trois PME bruxelloises et wallonnes sur quatre. Moins de réserves à l'égard de la flexibilité de la semaine de quatre jours (38-40 heures) !

Une PME bruxelloise sur cinq (19 %) et une PME wallonne sur dix (12 %) sont ouvertes à un régime de travail où les travailleurs concentrent leur semaine de 38 heures sur quatre jours. Cela contraste avec la proposition de réduire le travail à temps plein à 32 heures ou à quatre jours. Actuellement, seule une petite minorité des PME bruxelloises (8 %) et des PME wallonnes (9 %) se montrent disposées à essayer un système où les travailleurs prestent quatre jours pour le salaire d'une semaine de cinq jours. Les trois quarts des PME bruxelloises et wallonnes y sont opposées, tant à court qu'à long terme. La crainte de l'augmentation du coût de la main-d'œuvre est le principal obstacle, en particulier dans l'industrie et la construction ou dans les organisations employant des ouvriers. Tels sont les résultats de la dernière enquête PME de SD Worx, menée en mars 2024 auprès de 870 chefs d'entreprise de PME.

Depuis le 20 novembre 2022, un travailleur à temps plein du secteur privé peut proposer à son employeur de concentrer la semaine de travail sur quatre jours ouvrables ou de la répartir sur deux semaines. L'employeur peut donner son accord ou refuser cette demande en se justifiant. SD Worx a mené une enquête sur l'attitude des employeurs de PME à l'égard de ces nouvelles options du contrat de travail visant à améliorer l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée. À l'approche des élections, certains souhaitent également raccourcir la semaine de travail à temps plein de cinq jours à quatre jours (32 heures), tout en maintenant le salaire à temps plein. Dans sa dernière enquête auprès des PME, SD Worx a demandé à ces dernières comment elles évaluaient la faisabilité de cette mesure au sein de leur propre organisation.

Une PME bruxelloise sur cinq est ouverte à la semaine de travail de quatre jours de 38 heures

Les employeurs de PME ne sont pas nécessairement opposés aux options de flexibilité. Cependant, près de la moitié des PME interrogées (47 % des bruxelloises et 54 % des wallonnes) les trouvent difficiles à mettre en œuvre au sein de leur propre organisation. Près d'une PME bruxelloise sur cinq (19 %) est toutefois disposée à tester la semaine de travail de quatre jours ou la trouve du moins réalisable à court terme. En Wallonie, ce chiffre est de 12 %.

Points de vue des employeurs de PME sur la faisabilité d'une semaine de travail à temps plein de 38 heures sur quatre jours, à court et à long terme :


Les principaux obstacles concernent la planification du personnel, la continuité des services et la crainte d'avoir besoin de plus de personnel, ce qui augmenterait également les coûts.


La semaine de travail de 32 heures avec un salaire à temps plein n'est pas envisageable pour les trois quarts des PME

Environ trois quarts des PME wallonnes et bruxelloises rejettent l'idée comme étant totalement irréalisable, même à long terme. 8 à 9 % d'entre elles sont cependant prêtes à tester le système dès maintenant, et 7 % des PME bruxelloises et 9 % des PME wallonnes pensent qu’il sera possible de l’intégrer d'ici quelques années.


Les PME bruxelloises et wallonnes sont particulièrement préoccupées par l'augmentation attendue des coûts salariaux, 46 % d'entre elles déclarant qu'elles en seront impactées. L'augmentation des coûts salariaux (46 %), la nécessité de recruter du personnel supplémentaire (45 % et 47 % des PME bruxelloises et wallonnes respectivement), la productivité qui n'augmente pas proportionnellement aux coûts (45 % et 39 %) sont les trois principaux obstacles. Ils sont d’autant plus conséquents pour les organisations employant des travailleurs (66 % craignent une augmentation des coûts salariaux par exemple).


Certains employeurs voient également des avantages à la semaine de quatre jours, tels que des effets positifs sur le bien-être et l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, l'attraction et la fidélisation des travailleurs, la possibilité d'être professionnellement employable plus longtemps lorsque l'âge de la retraite augmente et le renforcement de l'esprit d'équipe par exemple. Cependant, pour plus d'une PME sur trois (soit 42 % des PME wallonnes et 32 % des PME bruxelloises), ces avantages ne l'emportent pas sur les obstacles ; en particulier dans les organisations employant des travailleurs.

Alexia van Zuylen, conseillère PME chez SD Worx : « Pour 75 % des PME bruxelloises et wallonnes, réduire la semaine de travail de cinq jours à quatre jours de travail semble être un pas de trop : cela signifierait être payé pour 38 heures mais ne travailler que 32 heures. Il est à craindre que cela n'entraîne une nouvelle augmentation des coûts de main-d'œuvre avec notamment les salariés actuels travaillant moins pour le même salaire et la perte d'employabilité devant être compensée par des travailleurs supplémentaires. Le système actuel de la semaine de quatre jours à 38 heures bénéficie d'un plus grand soutien. Un travailleur à temps plein peut alors demander que la semaine de travail soit concentrée sur quatre jours ou répartie sur deux semaines. Une PME bruxelloise sur cinq est d’ailleurs déjà ouverte à cette nouvelle forme de flexibilité. Les employeurs réticents s'inquiètent surtout de l'impact sur le planning du personnel et la continuité du travail ou des services. Il ne faut pas oublier qu'à côté de la semaine de quatre jours, il existe d'autres régimes de travail flexibles, tels que les horaires variables, le travail à temps partiel et les nombreuses formes d'interruption de carrière. »

La semaine de travail à temps plein de cinq jours sur quatre jours suscite moins de résistance de la part des employeurs des PME que l'idée de réduire la semaine de travail de cinq jours à quatre jours tout en conservant la rémunération de cinq jours.

Vous voulez en savoir plus sur le fonctionnement de ce régime ? Consultez notre blog : Le marché du travail : 11 questions et réponses sur l'aménagement du temps de travail | SD Worx

À propos de l'étude

Pour la 56e fois, les prévisions trimestrielles sur l'emploi de SD Worx ont interrogé un nombre représentatif de PME en Belgique sur leurs attentes en matière d'emploi. 870 entreprises de 1 à 250 employés ont participé entre le 5 mars et le 20 mars 2024. Il s'agit d'une enquête en ligne auprès des PME en Belgique, utilisant un échantillon représentatif dans lequel le bureau de recherche DataD.be s'adresse aux répondants par e-mail. L'enquête sera répétée tous les trimestres. La pondération se fait par région et par taille d'organisation en fonction de la population des PME. Les résultats sont représentatifs de l'ensemble des PME en Belgique. Les pondérations pour la Flandre et Bruxelles ne dépassent jamais deux. Pour l'échantillon complet de 870 PME, la marge d'erreur est de 3,32 % (intervalle de confiance de 95 %).

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