l y a "audit et ... audit" et, donc, "auditeur et ... auditeur"
Temps de lecture: 3 min | 01 oct. 2026 à 04:00
Guy KAHN
Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
En Belgique, pendant que certains « consultants » sans titre ni responsabilité s'improvisent auditeurs, l'expert.e -comptable dispose aujourd'hui d'outils capables d'analyser l'intégralité des transactions de l’entreprise, de détecter fraudes et anomalies TVA, d'évaluer ses processus internes, de certifier la qualité de ses données financières et bien plus
En Belgique, le terme « audit » évoque spontanément le réviseur d’entreprises, auquel la loi réserve le contrôle légal des comptes et les missions de commissaire.
Pourtant, l’audit au sens large, analyse de la fiabilité des informations, évaluation des risques, contrôle des processus ,dépasse le seul périmètre du revisorat : il devient un champ d’intervention privilégié pour l’expert-comptable certifié et l’expert-comptable, surtout à l’ère de l’intelligence artificielle.
L’IA permet désormais d’analyser l’ensemble des transactions, de détecter des anomalies comptables ou fiscales, d’automatiser l’examen de contrats et de surveiller en continu les indicateurs de risque. Elle transforme des missions classiques d’expertise en véritables audits data-driven : audit des processus comptables et financiers, contrôle interne, audit de conformité TVA et impôts, diagnostics de fraude, analyse de qualité des données ou missions de procédures convenues.
L’expert-comptable (certifié) est particulièrement qualifié pour concevoir ces dispositifs, paramétrer les outils intelligents et interpréter leurs résultats, grâce à sa maîtrise des normes, sa formation contrôlée et sa responsabilité professionnelle encadrée par la loi du 17 mars 2019.
Dans cette nouvelle configuration, le réviseur conserve son monopole sur le contrôle légal des comptes et les missions prévues par le Code des sociétés et des associations,
mais l’expert-comptable certifié et l’expert-comptable occupent un rôle de premier plan dans tout ce qui relève de l’audit contractuel, de la gouvernance, de la fiabilité des systèmes comptables et de la gestion des risques.
Face à eux, les « consultants » free-lance qui se revendiquent auditeurs ou experts sans titre protégé n’offrent ni garantie déontologique, ni supervision, ni responsabilité professionnelle comparable, ce qui fragilise la confiance lorsque l’enjeu est la crédibilité de l’information financière ou fiscale.
L'intelligence artificielle renforce ces professions sans les remplacer
Elle repère plus vite, mais ne juge pas. C’est l’expert-comptable, certifié ou non, qui assume le jugement, la mise en contexte et la responsabilité des conclusions, là où la technologie n’est qu’un outil au service de la confiance.