
Seuls 14 % des travailleurs belges envisagent concrètement de créer leur propre activité, contre une moyenne de 25 % dans les seize pays européens étudiés. La Belgique se classe ainsi dernière, à égalité avec l’Allemagne. C’est ce qui ressort d’une enquête de SD Worx menée auprès de 16 500 travailleurs dans seize pays européens, dont plus de 1 000 Belges.
Chez les moins de 35 ans, l’intérêt grimpe toutefois à près d’un sur quatre (24 %).
Les personnes qui exercent une fonction d’encadrement envisagent également environ deux fois plus souvent de se lancer à leur compte que les travailleurs sans responsabilité managériale.
L’âge constitue la ligne de démarcation la plus nette. Parmi les travailleurs de moins de 35 ans, 24 % envisagent de créer leur propre activité. À partir de 35 ans, cet intérêt diminue : il concerne 11 % des 35-54 ans et 6 % des 55 ans et plus. Tous âges confondus, un travailleur sur sept (14 %) envisage concrètement de se lancer à son compte.
Il n’est pas étonnant que les jeunes envisagent plus souvent l’entrepreneuriat : ils se trouvent à un stade plus précoce de leur parcours professionnel et disposent généralement de davantage de latitude pour explorer différentes pistes. Le défi consiste à transformer cet intérêt en projets d’entreprise réalisables, en accordant suffisamment d’attention à la préparation financière, à la protection sociale et à l’accompagnement
Les autres indicateurs vont dans le même sens : 26 % des travailleurs de moins de 35 ans déclarent préférer travailler comme indépendants plutôt que comme salariés, et 25 % envisagent de se lancer comme indépendants à titre complémentaire. Tous âges confondus, chacune de ces proportions atteint 16 %.
Une activité d’indépendant à titre complémentaire peut constituer une première étape accessible : les travailleurs peuvent tester une idée et acquérir de l’expérience sans renoncer d’emblée à la sécurité que leur procure leur activité principale. Les chiffres montrent toutefois qu’une intention ne suffit pas à créer une entreprise. Une bonne information et un accompagnement adapté restent essentiels pour rendre le passage à l’acte possible
L’âge n’est pas le seul facteur : le niveau de responsabilité dans la fonction actuelle joue également un rôle. Parmi les travailleurs qui encadrent une ou plusieurs personnes, 23 % envisagent de créer leur propre activité. Leur intérêt pour l’entrepreneuriat est donc environ deux fois plus élevé que celui des travailleurs sans responsabilité managériale (10 %). Le même constat vaut pour le lancement d’une activité complémentaire (25 % contre 13 %) et la préférence pour le travail indépendant (27 % contre 11 %).
La taille de l’employeur semble également liée à l’intérêt pour l’entrepreneuriat. Dans les organisations de moins de 250 travailleurs, 17 % envisagent de créer leur propre activité. Cette proportion tombe à 6 % chez les employeurs comptant au moins 2 500 travailleurs.
Les écarts selon le genre sont plus modestes, mais restent nets. Chez les hommes, 17 % envisagent de créer une entreprise, contre 10 % des femmes. Les chiffres de Xerius sur les créateurs d’entreprise complètent ce tableau des ambitions entrepreneuriales en fournissant des données sur les personnes qui franchissent effectivement le pas.
Les hommes constituent toujours la majorité des créateurs d’entreprise effectifs. En 2025, le nombre de créateurs d’entreprise, hommes et femmes confondus, a toutefois connu une croissance aussi forte en Belgique, à savoir de 5 %, même s’il existe des différences régionales. Parmi les créateurs d’entreprise accompagnés par Xerius, la répartition reste pour l’instant assez stable : environ 60 % sont des hommes et 40 % des femmes.
Stéphanie Gowenko, Responsable Wallonie Xerius
Dans les seize pays étudiés, 25 % des travailleurs envisagent en moyenne de créer leur propre activité. Avec un score de 14 %, la Belgique se situe nettement sous cette moyenne et occupe la dernière place, à égalité avec l’Allemagne, pour cet indicateur. Pour le lancement d’une activité complémentaire, seule l’Espagne affiche un score inférieur : 14 %, contre 17 % en Belgique.
Pour chacun des trois indicateurs étudiés, les scores de la Belgique et de l’Espagne sont compris entre 14 % et 17 %. À l’autre extrémité du classement figurent la Roumanie, la Serbie et la Croatie. En Roumanie, 45 % des travailleurs envisagent de créer leur propre activité, 55 % souhaitent se lancer à titre complémentaire et 52 % préfèrent travailler comme indépendants plutôt que comme salariés.
La comparaison internationale montre que les travailleurs belges envisagent moins souvent que les autres de se lancer dans l’entrepreneuriat. Les entrepreneurs prennent des risques et font des choix à long terme : investir, recruter et se rémunérer. Ils doivent pour cela connaître le cadre dans lequel s’inscrivent leurs décisions. C’est précisément là que le bât blesse aujourd’hui. Les nombreuses mesures prises en peu de temps, les changements successifs et les incertitudes entourant notamment les avantages de toute nature, les distributions de dividendes et d’autres mesures fiscales compliquent fortement toute planification. Un cadre réglementaire et fiscal clair et prévisible, ainsi qu’un climat favorable à l’entrepreneuriat, pourraient contribuer à stimuler l’envie d’entreprendre.Damien Dumortier, Team Leader du service dirigeants, SD Worx
Le spécialiste poursuit : « Selon Eurostat, la Belgique figure également parmi les cinq pays européens où les créations d’entreprises sont les moins nombreuses. Il existe toutefois des motifs d’optimisme : les créations sont plus nombreuses que les cessations d’activité (5,7 %) et le taux de survie après deux ans est l’un des plus élevés d’Europe (82 %). Cette dynamique se traduit cependant moins rapidement par la création d’emplois supplémentaires en Belgique ».
SD Worx, prestataire européen de premier plan en services RH et de paie, accompagne les organisations de toutes tailles dans leurs défis en matière de ressources humaines et de paie. Pour rester à l’écoute des employeurs et des travailleurs, SD Worx mène régulièrement des enquêtes approfondies dans toute l’Europe. L’analyse de la dernière édition de l’étude « HR & Payroll Pulse » apporte aux organisations des éclairages précieux pour affiner et pérenniser leur stratégie RH et de paie.
L’enquête a été menée du 27 janvier au 20 février 2026 dans seize pays européens : la Belgique, l’Allemagne, la Finlande, la France, l’Irlande, l’Italie, la Croatie, les Pays-Bas, la Norvège, la Pologne, la Roumanie, la Serbie, la Slovénie, l’Espagne, le Royaume-Uni et la Suède. Réalisée par le SD Worx Research Institute, elle a interrogé au total 5 936 décideurs RH et 16 500 travailleurs. Les résultats sont représentatifs du marché du travail dans chacun des pays. En Belgique, 1 000 travailleurs ont été interrogés. Pour cet échantillon, la marge d’erreur maximale est de 3,02 % (intervalle de confiance de 95 %).
A propos de SD Worx
Pour SD Worx, le succès repose avant tout sur les personnes. Des collaborateurs engagés ne sont pas seulement le moteur de la croissance de l’entreprise, ils contribuent aussi à la société. En collaboration avec ses clients, SD Worx conçoit des solutions RH efficaces qui améliorent le travail, la qualité de vie et l’impact sociétal.
En tant que partenaire européen de référence pour les solutions RH adaptées à toutes les organisations et à tous les travailleurs, SD Worx propose des solutions logicielles, des services et une expertise en gestion de la paie, de la rémunération, du capital humain et des ressources humaines. Fortement implanté à travers l’Europe, SD Worx accompagne depuis plus de 80 ans des entreprises de toutes tailles pour renforcer l’engagement des travailleurs et assurer leur succès.
En Europe, environ 105 000 organisations, de toutes tailles, font confiance à SD Worx. L’entreprise compte 10 000 collaborateurs répartis dans 27 pays. Chaque mois, SD Worx gère la paie d’environ 6 millions de travailleurs et fait partie des cinq leaders mondiaux du secteur. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,307 milliard euros.
Plus d’informations sur www.sdworx.com / Suivez-nous sur LinkedIn