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Chères consœurs, chers confrères,
Que nous soyons encore allongé·e·s au bord d'une piscine ou déjà de retour derrière notre bureau, la rentrée qui approche nous pose à toutes et tous la même question : allons-nous, cette année, décider enfin de suivre une véritable cure de désintoxication workaholic ? Non pas des dossiers eux-mêmes, mais de la manière dont nous les laissons nous envahir.
Nous connaissons cette situation. Le dossier qui ne se referme jamais. L'e-mail lu à minuit, « juste pour voir ». La valise professionnelle qui nous suit jusqu'au bord de la piscine, l'été.
Dans nos cabinets à taille humaine, nous portons souvent tout : la technique, la relation client, la gestion d'équipe, les échéances qui s'empilent. Et nous avons appris, parfois trop bien, à confondre disponibilité et valeur, présence et compétence.
Le workaholisme ne s'annonce pas. Il s'installe à pas feutrés, dans nos agendas surchargés, dans nos « je m'en occupe » prononcés par réflexe plutôt que par choix. Il se cache derrière une productivité qu'on applaudit, ou au contraire derrière une fatigue qui nous fait tourner en rond sans avancer. Le corps encaisse : sommeil fragile, tensions, isolement. Le cœur aussi, discrètement.
Nous le savons : notre métier exige rigueur et engagement. Mais l'engagement n'a jamais dû rimer avec épuisement. Une passion qui dévore n'est plus une passion, c'est une prison dorée.
Car un cabinet ne se mesure pas à ses heures travaillées, mais à la qualité de ce qu'il produit, et à la santé de celles et ceux qui le font vivre.
Prenons soin de nous. Prenons soin des nôtres. C'est aussi cela, notre métier : savoir, parfois, fermer le dossier et rentrer chez soi.
En toute confraternité,
Guy K