Budget mobilité en Belgique: entre popularité des voitures de société et frein administratif

Dans son rapport annuel 2025 sur la mobilité en entreprise, PwC Belgique analyse les tendances actuelles en matière de mobilité. Alors que l’électrification des flottes progresse rapidement, le budget mobilité peine à se faire une place, freiné par des complexités administratives et réglementaires.

L’étude menée auprès de 23 entreprises belges révèle un attachement encore marqué à la voiture de société traditionnelle.

Pourquoi les voitures de société restent-elles si populaires ?

Selon l’étude de PwC, environ deux tiers des déplacements domicile-travail en Belgique sont effectués en voiture. La voiture de société constitue environ 9 % du parc automobile belge total, démontrant sa popularité durable. Plusieurs raisons expliquent ce phénomène :

  • Attractivité fiscale : Malgré les changements récents, les voitures de société continuent de bénéficier d’avantages fiscaux significatifs, ce qui les rend particulièrement attractives pour les employeurs comme pour les employés.
  • Statut social et flexibilité : La voiture de société demeure un symbole de statut social et offre une flexibilité d'utilisation difficilement égalable par d'autres modes de transport.

Pourquoi le budget mobilité n'arrive-t-il pas à décoller ?

Le budget mobilité, introduit par le gouvernement fédéral comme alternative aux voitures de société, peine à convaincre largement. Voici les principaux obstacles identifiés par l’étude :

  • Complexité administrative : Les entreprises déplorent une gestion administrative lourde et coûteuse. La mise en place et la gestion continue du budget mobilité nécessitent beaucoup de ressources internes.
  • Incertitudes réglementaires : Les changements fréquents et l'incertitude autour des législations constituent un frein majeur. De nombreuses entreprises craignent de devoir constamment adapter leurs politiques internes à un cadre légal instable.
  • Inefficacité perçue : Certains employeurs estiment que les solutions de mobilité douce proposées par le budget mobilité ne répondent pas aux besoins pratiques de leurs employés, particulièrement dans les régions moins bien desservies par les transports en commun.
  • Sentiment d’inégalité : Seuls les employés ayant droit à une voiture de société sont éligibles au budget mobilité, créant ainsi un sentiment d'injustice chez ceux qui en sont exclus.

Quelle place pour l’électrification dans ce paysage ?

L'électrification du parc automobile des entreprises belges continue son expansion rapide. Aujourd'hui, 68 % des entreprises interrogées adoptent une politique exclusivement électrique pour leurs nouvelles commandes de véhicules, bien que certaines exceptions persistent. Les véhicules hybrides restent également populaires, notamment en raison de leur flexibilité et de nouvelles opportunités fiscales envisagées par le gouvernement.

Les entreprises sont conscientes des coûts cachés liés à l’électrification, comme les frais d’occupation prolongée des bornes de recharge (idle fees), mais peu arrivent encore à contrôler efficacement ces dépenses.

Quelles perspectives pour le budget mobilité ?

Le nouveau gouvernement fédéral belge envisage une réforme ambitieuse du budget mobilité, singulièrement en élargissant son accès à tous les employés, indépendamment de leur droit initial à une voiture de société. Cette réforme, qui imposerait le budget mobilité à toutes les entreprises offrant actuellement des voitures de société, pourrait être une étape décisive pour accroître son adoption.

Conclusion

Malgré l’essor marqué de l’électrification des véhicules d’entreprise, le budget mobilité reste marginal en raison de freins administratifs et réglementaires importants. Les futures réformes annoncées pourraient changer la donne, mais leur succès dépendra fortement de la simplification du cadre législatif et d’une meilleure adéquation avec les réalités pratiques des employeurs et des employés.

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