
Au cours des douze mois précédant l’été, la Belgique a enregistré la croissance la plus faible d’Europe, l’inflation y est parmi les plus élevées d’Europe, la création d’emplois dans le secteur privé est quasiment à l’arrêt, le nombre de faillites continue d’atteindre de nouveaux records, les taux d’intérêt augmentent et le gouvernement doit trouver 10 milliards. Et ces 10 milliards ne suffiront même pas à remettre nos finances publiques sur les rails. Sans même parler des efforts nécessaires en matière d’adaptation au changement climatique ou du déploiement sérieux de l’IA dans l’administration et l’enseignement. Il y a de quoi devenir moins optimiste quant à nos perspectives d’avenir.
Nous semblons trop souvent oublier les nombreux atouts de notre économie. Notre position centrale, combinée aux portes d’accès économiques que constituent les ports maritimes et l’aéroport, reste un atout crucial pour le commerce international. Nous avons les meilleures cartes en main pour rester le pôle stratégique de la chimie et de la pharmacie en Europe. Et nous disposons de tous les éléments (éolien offshore, photovoltaïque, gaz, nucléaire) pour construire ici le système énergétique équilibré de l’avenir.
Notre principal atout reste notre force dans le domaine de la R&D. Nous faisons partie des pays européens les plus performants en matière d’innovation, avec notamment des efforts considérables dans la recherche. Dans ce domaine, nous figurons parmi les leaders internationaux, entre autres dans les biotechnologies (avec le VIB), les technologies de l’ARN messager, les médicaments de thérapie avancée, les semi-conducteurs (avec imec), la photonique, la cybersécurité, les technologies alimentaires, les technologies du recyclage et des matériaux (avec le VITO), la construction mécanique avancée dans certaines niches et la technologie nucléaire (avec le SCK CEN). Dans la plupart de ces domaines, nous comptons également des entreprises qui transforment cette solide base de connaissances en activités économiques, mais cette valorisation pourrait encore être nettement mieux exploitée.
Nous avons donc certainement les idées. De plus, nous disposons également de plus qu’assez de capital pour les concrétiser. Nous restons un pays de grands épargnants, mais nous parvenons beaucoup trop rarement à investir suffisamment de ce capital dans des placements plus risqués. En matière de capital-risque, nous ne sommes que dans le ventre mou des pays industrialisés, alors que nous figurons parmi les leaders en termes de capacité d’épargne.
Nous avons les idées et le capital pour les développer (si nous parvenons à utiliser le capital disponible de manière un peu plus efficace). Il s’agit surtout de réduire au moins quelque peu les nombreux obstacles qui freinent aujourd’hui l’entrepreneuriat dans notre pays, notamment la réglementation excessive, les charges administratives, les procédures d’autorisation laborieuses, la fiscalité lourde, l’insécurité juridique, le manque d’espace… La combinaison des idées, du capital et de l’entrepreneuriat est une recette éprouvée pour la croissance économique et la prospérité.
Oui, c’est possible
D’autres pays prouvent que c’est possible. Ainsi, des pays comme le Danemark, les Pays-Bas, la Suisse et le Canada ont affiché au cours des dix dernières années une croissance économique moyenne d’environ 2 % par an. Cela devrait également être réalisable pour la Belgique. Et avec une telle croissance, les défis auxquels nous sommes confrontés seraient beaucoup plus faciles à relever, tandis que ce pessimisme serait déjà nettement moins présent.
Chez Voka, nous avons consacré tout un ouvrage aux idées, propositions et ambitions en faveur d’une croissance accrue. Un an de travail, des discussions avec des centaines d’entrepreneurs et d’experts, aboutissant à 250 pages consacrées à la manière dont nous pouvons réaliser davantage de croissance en Flandre (lisez-le ici : Cap sur la croissance). Grâce à un cadre (beaucoup) plus favorable à l’entrepreneuriat, et en nous concentrant sur les domaines dans lesquels nous sommes déjà forts aujourd’hui (agroalimentaire, biotechnologies, pharmacie, logistique) ainsi que sur ceux qui présentent un grand potentiel (technologies numériques, construction).
Nous avons ici tous les atouts en main pour concrétiser cela. Quand choisirons-nous résolument une croissance et une prospérité accrues ?
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