Le Testament du diable: un roman qui nous rappelle pourquoi notre métier est avant tout un métier de confiance
Temps de lecture: 3 min | 29 juil. 2026 à 04:00
Guy KAHN
Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
Cette chronique vous emmène à la rencontre du roman de notre compatriote Armel Job qui fait écho, avec une grande lucidité aux réalités humaines des successions. Derrière chaque patrimoine se cachent des histoires de vie, des blessures et des liens familiaux parfois fragiles.
Une lecture estivale qui nous rappelle avec délicatesse pourquoi nous exerçons, avant tout, un métier de confiance.
Les vacances approchent enfin, à moins que vous ayez le bonheur d’y être déjà. Elles sont, pour nous toutes et tous, plus que méritées.
Après des semaines intenses, rythmées par les échéances, les perturbations sur plusieurs applications e-services du SPF Finances et les urgences, vient enfin le temps de ralentir. De respirer. De retrouver nos proches… et parfois aussi le plaisir simple d'ouvrir un bon livre.
Si je pouvais vous en suggérer un, ce serait sans hésiter le dernier roman de notre compatriote Armel Job, Le Testament du diable.
Son intrigue débute par un décès. Puis vient la succession. Un testament apparaît… disparaît… Les certitudes vacillent, les intérêts s'affrontent et la personnalité du défunt se révèle peu à peu. Une question traverse alors tout le récit : existe-t-il vraiment des successions paisibles ?
À mesure que nous tournons les pages, nous avons parfois le sentiment de retrouver des situations qui nous sont familières.
Au fil de notre parcours professionnel, combien de successions avons-nous accompagnées en tant que personnes de confiance du ou de la défunt.e ? Combien de familles avons-nous vues traverser ces moments où le partage d'un patrimoine réveille les blessures anciennes, les silences, les rivalités… mais aussi, parfois, les plus beaux élans de générosité ?
Pour ma part, mes engagements associatifs m'ont également conduit à participer, comme représentant d'une Fondation humanitaire, bénéficiaire de legs, à plusieurs réunions successorales dans diverses études notariales. J'y ai parfois assisté à de véritables pugilats lorsque les dernières volontés privilégiaient, plutôt que les héritiers présumés, une maîtresse jusque-là insoupçonnée, une filleule de cœur préférée aux autres neveux et nièces, ou une association de bien-être animal, en mémoire d'un chat resté proche, lui au moins, jusqu'à la fin.
Dans ces instants, je mettais en œuvre les techniques de médiation enrichies au fil de mon parcours. Elles me rappelaient qu'au-delà du droit, des questions patrimoniales ou financières, ce sont toujours l'écoute, la neutralité et le respect des personnes qui permettent d'éviter que les blessures ne deviennent irréparables.
Ce roman ne nous apprendra sans doute pas notre métier. Mais il nous rappellera, avec beaucoup de justesse, qu'une succession ne transmet jamais seulement un patrimoine. Elle révèle des vies, des choix, des fidélités, des blessures… et, au fond, toute la complexité de la nature humaine.
Je vous souhaite de très belles vacances. Qu'elles vous offrent du repos, de précieux moments avec celles et ceux qui nous sont chers… et peut-être cette lecture qui, bien au-delà de la fiction, nous rappellera pourquoi notre métier est avant tout un métier de confiance