
Chers pourfendeurs,
Vous dites que l'indépendant qui passe en société fuit l'impôt.
Qu'il est anormal d'échapper à un IPP de 50 % dès 51.070 € de revenu imposable, cotisations sociales de 20,5 % en sus.
Que la Belgique compte bien plus de sociétés que l'Allemagne.
Qu'un euro doit être taxé de la même façon, quelle que soit la manière dont il est gagné.
Reprenons. Calmement. Chiffres en main.
Ils fuient l'impôt.
Oui, vous avez bien lu : le fisc gagne 36 € à la « sociétisation ». L'écart réel (≈ 7.900 €) vient des cotisations sociales. Ce débat-là, ayons-le. Mais ne l'appelons pas évasion fiscale.
permettre à un travailleur indépendant de dissocier son patrimoine professionnel de son patrimoine familial et de stimuler ainsi l'initiative au sein des P.M.E.
Relisez les travaux préparatoires de la loi du 14 juillet 1987. Le législateur voulait que les indépendants passent en société. Il l'a obtenu.
C'est un détournement de la société unipersonnelle.
Il y a trop de sociétés.
Qui a creusé l'écart ? L'État.
L'État a construit l'escalier, posé un panneau « Montez ! »… et verbalise aujourd'hui ceux qui sont arrivés en haut.
On ne peut pas reprocher à un incitant fiscal d'avoir fonctionné.
Un euro doit être taxé comme un euro.
D'accord. Alors allégez l'impôt sur le travail au lieu d'alourdir la société. Les plus sérieux d'entre vous reconnaissent eux-mêmes que la pression fiscale sur le travail est excessive.
Pendant ce temps, l'addition tombe toujours sur la même tête :
Résultat ? 14 % des travailleurs belges envisagent de se lancer à leur compte. Dernière place sur 16 pays européens (SD Worx, 2026).
On ne soutient pas l'entreprise en punissant l'entrepreneur.
Punir l'indépendant d'avoir cru le législateur, c'est créer un impôt sur la confiance. Il rapporte vite. Mais il ne se lève qu'une fois.
Et vous, que répondez-vous aux pourfendeurs ?