
Suspect d’avoir fait ce que la Cour de cassation autorise depuis 1961 (arrêt Brepols, pour ceux qui l’ont oublié au gouvernement) : choisir la voie la moins imposée. Un principe. Pas une combine.
Alors on serre la vis. Et on ose appeler ça de la « justice fiscale ».
Regardez les chiffres, pas le discours :
→ Réserve de liquidation constituée avant fin 2025 : délai raccourci à 3 ans, précompte à 6,5 %
.→ Réserve constituée après : précompte à 9,8 %. Quatorze mois d’écart. Même délai. Taux quasi doublé.
On vous a vendu l’assouplissement comme un cadeau. On vous présente aujourd’hui l’explosion du taux comme une exigence morale. Les deux ne peuvent pas être vrais en même temps. Choisissez votre mensonge.
→ Le même texte qui durcit l’accès à l’ISOC réduit double, dans la foulée, le crédit d’impôt fonds propres des indépendants. La main droite ignore la main gauche. Ou pire : elle sait très bien ce qu’elle fait.
→ L’informatique récupère un régime de faveur sur les droits d’auteur. Mais tous ceux qui bénéficient de ce régime perdent leurs forfaits de frais. Ce n’est pas de la doctrine fiscale. C’est un couloir de lobbying.
Et pendant ce temps ? Le conclave d’octobre doit trouver 10 milliards. L’estimation a doublé en cinq mois : 4,9 puis 7,7 puis 10. Personne ne s’excuse de s’être trompé à ce point.
Mais surtout : où est le chapitre dépenses ?
L’accord de gouvernement promettait deux jambes pour marcher — taxer et économiser. Dix-huit mois plus tard, une seule jambe a produit des lois précises, chiffrées, votées. L’autre est restée un titre de chapitre.
On légifère la recette avec chirurgie. On ajourne les économies avec constance. Parce que taxer un dirigeant de société unipersonnelle ne mobilise personne. Couper une dépense publique, si.
Un ménage sérieux commence par ses propres dépenses avant de taper à la porte du voisin. L’État belge fait l’inverse — et nous explique que c’est de la solidarité.
Ce n’est pas de la sophistique de haut vol. Les vrais sophistes, au moins, avaient un système.
Ici, il n’y a même pas ça. Juste un besoin de cash, habillé du vocabulaire de la vertu parce que c’est moins cher politiquement que d’assumer la vérité.Dirigeants, experts-comptables : documentez tout. Anticipez tout. Le prochain conclave arrive, et l’appétit ne faiblit pas. Et croyez bien que celui de nos gouvernants est insatiable