Productivité et taxation des plus-values : merci à mes lecteurs!

Merci de l’éclairage de mes lecteurs…

​Cela fait des années que je tourne autour d’un problème conceptuel fiscal, et je remercie par avance l’aide de mes lecteurs, auxquels j’exprime ma profonde reconnaissance. Il s’agit de l’équilibre entre la taxation du travail et du capital.

​Au début était le travail. Et puis, par une capture que Marx appelait la plus-value, les possédants ont extrait du travail une partie de sa rémunération, afin que ces plus-values constituent un capital, devenu autonome du travail. Le salariat — qui, selon Marx, est une marchandisation de la force de travail — découle de l’exploitation du travail par le capital dans le cadre du machinisme. J’appelle, peut-être erronément, ce capital, un capital à risque, investi en actions.

​Comment sont taxés ces deux facteurs de production en Belgique ? Le travail est (trop rapidement) taxé à 50 %, et les revenus du capital à risque sont aussi taxés à 50 % (à savoir l’impôt des sociétés et le précompte mobilier). Une entreprise peut bien sûr retenir ses distributions de bénéfices, mais, normalement, à la fin de sa vie, ceux-ci sont taxés à 50 %.

Mais que penser de la plus-value ? Le travailleur ne peut pas créer, de lui-même, une plus-value puisque ses revenus sont endogènes à son travail. Une plus-value sur le travail est l’accession à de meilleurs revenus taxés à 50 %. Les plus-values sur le capital à risque ne sont pas non plus taxées en Belgique, au motif qu’une plus-value (à taux d’intérêt et niveau d’incertitude équivalents et dans un monde sans inflation) est le reflet (au travers de l’actualisation) de futurs revenus qui seront, eux aussi, normalement taxés à 50 %. Taxer une plus-value sur le capital serait économiquement une double taxation, mais pas juridiquement.

​Mais imaginons que les revenus futurs augmentés qui créent la plus-value sur le capital soient le reflet d’une meilleure productivité du travail qui ne serait pas justement payée au travailleur. Alors, l’exonération de la taxation de la plus-value sur le capital serait, en vérité, l’immunisation d’une plus-value sur le travail non acquittée au travailleur. Son exonération serait donc inique.

On en revient donc à la problématique du partage des gains de productivité. Une exonération des plus-values sur le capital à risque n’est fondée que si les gains de productivité sont correctement partagés entre le travail et le capital. Si ce n’est pas le cas, alors une taxation des plus-values doit être considérée afin de refléter l'aspiration, par le capital, des futurs gains de productivité du travail. Cette problématique est bien sûr d'autant plus brûlante que les gains de productivité du travail vont être accaparés par l'IA qui est mise en œuvre ...par le capital.

​C’est un peu un rébus. Merci de vos éclairages…​

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