
Chère Consœur, cher Confrère,
Hier, en fin de journée, j’ai eu le plaisir d’assister à la rentrée académique de l’Ordre, consacrée à une présentation de Fabien Pinckaers, fondateur d’Odoo, suivie d’un débat avec l’assemblée.
Et quelle présentation !
Brillante, concrète, impressionnante… et, je l’avoue, quelque peu vertigineuse tant elle donnait à voir ce que ces outils sont désormais capables de faire , et surtout ce qu’ils feront demain.
Sur le chemin du retour, une question toute simple m’est alors venue :
>>> si des outils comme Odoo, et autres, enrichis par l’intelligence artificielle, peuvent automatiser une part toujours plus importante de la gestion, de la comptabilité, du reporting et de l’analyse… que NOUS restera-t-il encore à faire pour nos client.e.s ?
La réponse m’est apparue progressivement.
>>> Peut-être, précisément, ce qui a toujours constitué le cœur de NOTRE métier.
Car l’IA ne NOUS demande pas de devenir informaticien.ne.s. Elle NOUS invite à redevenir pleinement expert.e.s-comptables.
> Nos cabinets possèdent en effet quelque chose qu’aucun logiciel, aussi génial soit-il, ne peut à lui seul remplacer : la confiance de nos client.e.s et une connaissance exceptionnellement fine de leur réalité économique… mais aussi humaine.
·> Nous connaissons leurs chiffres et leurs échéances, bien sûr. Mais aussi leurs projets, leurs difficultés, leurs ambitions et parfois leurs hésitations avant même qu’elles ne deviennent des décisions.
Et c’est précisément là que l’IA peut changer la donne.
> Elle peut rapprocher nos informations, détecter une anomalie ou un signal faible, identifier une échéance, préparer une analyse… et même NOUS aider à savoir quel.le client.e appeler et pourquoi.
Le véritable enjeu n’est donc plus seulement de gagner du temps.
> C’est de transformer nos données en anticipation.
Hier, nous consacrions encore des heures à rechercher, pointer, contrôler et compiler.
> Demain, l’IA prendra en charge une part croissante de ces tâches.
Mais attention : ce temps libéré ne doit pas simplement disparaître dans quelques dossiers supplémentaires.
> Il doit revenir à NOS client.e.s.
À l’analyse. Au jugement professionnel. À l’échange. Au conseil. À cette conversation parfois toute simple qui permet à un.e dirigeant.e de prendre la bonne décision au bon moment.
Pour autant, ne NOUS trompons pas de chemin.
> Dans NOS cabinets, confidentialité, sécurité, responsabilité et contrôle humain ne sont pas négociables.
L’IA prépare, détecte et suggère. NOUS décidons.
Notre défi n’est donc pas d’aller toujours plus vite, mais d’aller plus juste : expérimenter, sécuriser, former NOS équipes et choisir intelligemment nos usages.
Alors, que nous restera-t-il lorsque les outils feront presque tout ?
> Peut-être davantage qu’aujourd’hui.
Il nous restera ce qu’aucune automatisation ne peut véritablement industrialiser : comprendre une personne derrière ses chiffres, anticiper plutôt que constater, éclairer une décision et être présent.e lorsqu’elle doit être prise.
Non, l’IA ne signe pas la disparition de l’expert.e-comptable.
Elle pourrait, au contraire, faire disparaître une partie de ce qui NOUS empêchait parfois de l’être pleinement.
Et si la véritable révolution de l’IA était finalement de NOUS rendre du temps pour redevenir… des expert.e.s ?