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Si un nombre record de travailleurs peuvent profiter des bénéfices de leur entreprise, le montant de la prime bénéficiaire diminue

42 % des travailleurs du secteur privé de notre pays ont déjà reçu une prime bénéficiaire cette année. Grâce à cette prime collective, les entreprises peuvent faire profiter leurs travailleurs des bénéfices de l’entreprise. Le pourcentage de travailleurs bénéficiant d’une prime bénéficiaire n’a jamais été aussi élevé qu’aujourd’hui. La prime bénéficiaire moyenne octroyée recule toutefois à 1665 euros, contre 2220 euros en 2025.

C'est ce qu’il ressort d’une analyse de l’expert RH Acerta sur la base des chiffres réels de 427 000 travailleurs du secteur privé belge.​

Les sociétés peuvent octroyer une partie des bénéfices annuels à l’ensemble de leurs travailleurs sous la forme d’une prime bénéficiaire collective. Cette forme de prime peut présenter des avantages fiscaux, pour le travailleur comme pour l’employeur. Étant donné que les résultats annuels, et donc aussi les bénéfices annuels, ont désormais été publiés et que les assemblées générales sont terminées pour la plupart des entreprises, l’expert RH Acerta a réalisé l’analyse suivante : combien de travailleurs ont reçu une prime bénéficiaire, et quel en était le montant moyen ?

Jamais autant de travailleurs n’avaient bénéficié d’une prime bénéficiaire

Au cours des sept premiers mois de 2026, la proportion de travailleurs du secteur privé bénéficiant d’une prime bénéficiaire a atteint un niveau record : 1,42 %, contre 0,89 % au cours de la même période en 2025. Les employés reçoivent plus souvent une prime bénéficiaire que les ouvriers. Au premier semestre 2026, 2,01 % des employés ont reçu une prime bénéficiaire. Les ouvriers en reçoivent trois fois moins souvent (0,66 %).

Toutefois, le montant moyen a baissé, tant pour les employés que pour les ouvriers, passant de 2220 euros en 2025 à 1665 euros cette année.

Illustration 1 : Pourcentage de travailleurs bénéficiant d’une prime bénéficiaire et montant moyen – chiffres propres d’Acerta pour les 7 premiers mois de 2026.



La prime bénéficiaire offre aux travailleurs un petit plus intéressant. La prime n’est imposée qu’à hauteur de 7 % et n’est soumise qu’à une contribution de solidarité de 13,07 %. La prime bénéficiaire est également intéressante pour les employeurs, car elle leur permet de récompenser et de motiver leurs travailleurs. En effet, cela leur évite de devoir verser des cotisations patronales supplémentaires et un pécule de vacances. Même si la prime n’est pas déductible fiscalement, elle reste un moyen simple et transparent de faire profiter directement les travailleurs des résultats de l’entreprise. Et ce type de prime gagne en popularité.

--CATHERINE LANGENAEKEN, EXPERTE EN RéMUNéRATION CHEZ ACERTA


Différences entre les secteurs et les statuts

Les secteurs de la chimie, de l’industrie pharmaceutique et de l’énergie offrent généralement la prime bénéficiaire moyenne la plus élevée. En 2026, ils battront à nouveau un record avec une moyenne de 6602,63 euros par employé. Pour les ouvriers, le montant moyen dans ces secteurs est nettement inférieur (1609,20 euros). Pour l’ensemble des ouvriers et des employés, la moyenne s’élève à 6579,40 euros. Au total, 1,41 % des travailleurs de ces secteurs ont bénéficié d’une prime bénéficiaire au cours des sept premiers mois de 2026.

Chez les employés, l’industrie métallurgique arrive en deuxième position, avec un montant moyen de 4005,67 euros. Dans ce secteur, les ouvriers ont perçu en moyenne 1192,75 euros de prime bénéficiaire. Pour l’ensemble des ouvriers et des employés, la moyenne s’élève à 2848,46 euros. 1,76 % des ouvriers et des employés ont perçu une prime bénéficiaire jusqu’en juillet 2026 inclus.

Les secteurs dans lesquels presque aucune prime bénéficiaire n’est octroyée sont l’horeca et le non-marchand (respectivement 0,02 % et 0,04 % si l’on regroupe les ouvriers et les employés).

La taille de l’entreprise joue un rôle

Dans les PME comptant 10 à 19 travailleurs, 2,16 % des employés se partagent les bénéfices, avec une part moyenne de 6013,97 euros. Il s’agit de la moyenne la plus élevée, si l’on compare les différentes tailles d’entreprises. Même en regroupant les ouvriers et les employés, les PME comptant de 10 à 19 travailleurs ont perçu les primes bénéficiaires moyennes les plus élevées (5607,10 euros), mais cela ne concerne que 1,19 % des travailleurs. Après deux années sans primes bénéficiaires, les entreprises de taille moyenne (200 à 499 travailleurs) ont octroyé en moyenne 304,99 euros à 1,94 % de leurs ouvriers et employés.


"Lorsque les sociétés versent des primes bénéficiaires à leurs collaborateurs, nous savons qu’elles réalisent des bénéfices. Mais cela ne signifie pas pour autant que les entreprises qui n’accordent pas de primes bénéficiaires se portent mal. Elles sont libres de ne pas distribuer les bénéfices réalisés et, par exemple, de les réinvestir. D’ailleurs, ce n’est pas forcément parce que leur secteur enregistre des marges bénéficiaires moins importantes que les ouvriers reçoivent moins souvent une prime bénéficiaire. Si une entreprise accorde une prime bénéficiaire, elle doit le faire pour tous ses travailleurs, c’est-à-dire pour tous les ouvriers et tous les employés. Il n’est possible de différencier que sur la base d’un critère objectif."

--CATHERINE LANGENAEKEN, EXPERTE EN RÉMUNÉRATION CHEZ ACERTA


Lorsque les sociétés versent des primes bénéficiaires à leurs collaborateurs, nous savons qu’elles réalisent des bénéfices. Mais cela ne signifie pas pour autant que les entreprises qui n’accordent pas de primes bénéficiaires se portent mal. Elles sont libres de ne pas distribuer les bénéfices réalisés et, par exemple, de les réinvestir. D’ailleurs, ce n’est pas forcément parce que leur secteur enregistre des marges bénéficiaires moins importantes que les ouvriers reçoivent moins souvent une prime bénéficiaire. Si une entreprise accorde une prime bénéficiaire, elle doit le faire pour tous ses travailleurs, c’est-à-dire pour tous les ouvriers et tous les employés. Il n’est possible de différencier que sur la base d’un critère objectif.

--CATHERINE LANGENAEKEN, EXPERTE EN RéMUNéRATION CHEZ ACERTA


À propos des chiffres

Dans le cadre de cette étude, Acerta a analysé les données anonymisées relatives à l’occupation de plus de 427 000 travailleurs occupés chez 38 800 employeurs privés en Belgique. À cette fin, les chiffres de janvier à juillet de chaque année, entre 2020 et 2026, ont été comparés entre eux.

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