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En un an, le nombre de contrats résiliés dans les 12 mois a été multiplié par 1,5

Bruxelles, le 31 juillet 2026 – Un nombre croissant de travailleurs quittent leur employeur au cours de l’année de l’engagement. En l’espace d’un an, il est question d’une augmentation de 16 % des ruptures anticipées de contrats de travail à durée indéterminée.

Il convient de souligner que les travailleurs de moins de 25 ans enregistrent la hausse la plus marquée. En effet, le nombre de jeunes qui ont vu leur contrat de travail à durée indéterminée résilié après 6 ou 12 mois a été multiplié par 1,5 l’année dernière. Dans un tiers des cas, la rupture s’est faite de leur propre initiative. Les autres contrats ont été résiliés par l’employeur ou de commun accord.

C’est ce qu’il ressort d’une analyse de l’expert en RH Acerta sur la base des données de 390 000 travailleurs occupés auprès de 31 000 employeurs à l’approche de la réduction des délais de préavis en début de contrat de travail début août.

À compter du 1er août 2026, les délais de préavis seront plus courts pendant les 6 premiers mois du contrat de travail. Concrètement, cela signifie que le délai de préavis est ramené à une semaine pendant les six premiers mois, tant pour les employeurs que pour les travailleurs. Rien ne change à partir de six mois d’ancienneté acquise. Pour l’instant, ce délai augmente encore progressivement à mesure que le l’ancienneté du travailleur augmente pendant les 6 premiers mois. À cet égard, peu importe si le travailleur démissionne ou si l’employeur le licencie, le délai de préavis restera fixé à 1 semaine pendant les 6 premiers mois. Cette réduction des délais de préavis en début de contrat pourraient permettre d’identifier plus rapidement ce type d’inadéquations et de mettre plus facilement fin, à temps, à une collaboration qui ne fonctionne pas. Reste à voir si cela permettra effectivement de réduire le nombre de ces inadéquations.

Amandine Boseret, expert juridique chez Acerta, commente : « Nos chiffres montrent que les inadéquations sur le marché du travail sont aujourd’hui plus fréquentes qu’auparavant. L’augmentation du nombre de contrats de travail qui prennent fin au cours de la première année, en particulier chez les jeunes, indique que les attentes et la réalité ne correspondent pas toujours suffisamment. La réduction du délai de préavis n’empêchera pas ces inadéquations, mais elle peut contribuer à les corriger plus rapidement. Il reste toutefois essentiel d’investir dans une information réaliste sur les emplois, un onboarding de qualité et un accompagnement suffisant afin de favoriser des collaborations durables. »


Surtout chez les jeunes travailleurs

L’année dernière, 14,12 % de l’ensemble des travailleurs de moins de 25 ans ont vu leur contrat de travail à durée indéterminée résilié dans les 6 premiers mois, contre 8,4 % en 2025. À douze mois, le pourcentage grimpe même jusqu’à près d’un contrat de travail à durée indéterminée sur 5. Le taux est donc plus de 1,5 fois plus haut (soit une hausse de 68 %) qu’en 2025, tant pour les contrats terminés dans les 6 premiers mois que pour ceux qui ont pris fin dans les 12 premiers mois. Un tiers des travailleurs de moins de 25 ans quitte toutefois son emploi de son propre chef. À mesure que les travailleurs vieillissent, les résiliations anticipées du contrat de travail reculent considérablement.

Illustration 1 : résiliation du contrat de travail dans les6 à 12 premiers mois, par tranche d’âge – chiffres d’Acerta.

Amandine Boseret, expert juridique chez Acerta, ajoute : « Le risque de rupture précoce diminue nettement à mesure que les travailleurs vieillissent. Le fait qu’autant de jeunes quittent leur employeur de manière précoce ne signifie pas pour autant qu’ils sont licenciés en masse. Bien au contraire : 31,26 % des travailleurs de moins de 25 ans qui quittent leur emploi dans le 6 mois le font de leur propre initiative. Dans les 12 mois, ce taux s’élève à 34,77 %. Cela montre que les attentes des jeunes travailleurs ne correspondent pas toujours à ce qu’ils vivent dans la pratique. Afin de réduire les risques de départ des nouvelles recrues, les employeurs peuvent se concentrer d’avantage sur une description réaliste de l’emploi, l’onboarding, le suivi régulier et un accompagnement adapté pendant les premiers mois de l’engagement. »

Micro-entreprises et horeca

L’horeca se démarque particulièrement si l’on examine les secteurs dans lesquels les contrats de travail à durée indéterminée cessent avant même la fin de la première année. En outre, le secteur de l’intérim et des titres-services connaît de nombreuses ruptures précoces du contrat de travail, tout comme celui de la logistique et du transport. Enfin, les micro-entreprises (< 9 travailleurs) enregistrent le plus de résiliations précoces du contrat de travail.

Et Amandine Boseret de conclure : « Plus l’entreprise est petite, plus l’impact d’un mauvais recrutement est élevé. Les petites entreprises disposent souvent de moins de temps et de moyens pour accompagner en profondeur leurs nouveaux collaborateurs, tandis que les grandes organisations peuvent s’appuyer sur un soutien spécialisé des RH pour ce faire. Une bonne correspondance dès le départ est donc particulièrement cruciale pour elles. Nous constatons en outre que les ruptures précoces de contrat sont plus fréquentes dans des secteurs tels que l’horeca, les titres-services et la logistique. Bien que cette analyse ne permette pas de tirer des conclusions quant aux causes exactes de ce phénomène, il s’agit souvent de fonctions où la flexibilité et l’employabilité jouent un rôle essentiel. Cela souligne l’importance d’un processus de recrutement réaliste, d’attentes mutuelles clairement définies et d’un onboarding de qualité durant les premiers mois de la collaboration. »


À propos des chiffres

L’étude d’Acerta repose sur les données réelles d’un ensemble de 390 000 travailleurs en service auprès de 31 000 employeurs du secteur privé, auquel appartiennent tant des PME que des grandes entreprises. Pour cette analyse, nous avons examiné la date de fin des contrats (entre avril 2024 et mars 2026) et recensé le nombre de ces contrats qui ont duré moins de 6 ou 12 mois.




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