
J’aime mon pays plus que tout. À chaque étape de ma vie, j’ai essayé de le servir plus qu’il ne m’a donné, à commencer par un enseignement gratuit et un contexte de paix sociale.
Pourtant, je partage une inquiétude profonde et croissante : si j’avais l’âge de ma fille – 25 ans –, je perdrais confiance dans l’avenir politique belge.
Cette jeunesse voit son horizon lourdement hypothéqué au profit des
générations précédentes. Elle comprend l’obligation essentielle de contribuer à la solidarité intergénérationnelle, mais elle constate avec lucidité qu’il lui
sera pratiquement impossible d’y parvenir. La chute de la natalité et l’intelligence artificielle, qui vont drastiquement réduire la valeur relative du travail, rendent l’équation intenable.
Il en résulte une perte massive de confiance, aggravée
par l’oubli politique de ses préoccupations (existentielles) écologiques. Cette génération ne croit plus aux promesses. Elle observe la versatilité permanente du personnel politique, l’écart abyssal entre les discours électoraux et la réalité, et la cacophonie qui suit chaque scrutin.
Ceux qui nous dirigent confondent d’ailleurs trop souvent la saturation médiatique avec les véritables attentes citoyennes.
Comment, par exemple, dans ces conditions, imaginer rétablir une dynamique positive des finances publiques ? Une réforme fiscale de fond
exige du temps long et de la stabilité, ce qui est devenu inconcevable au
milieu d’une législature qui s’essouffle et nous rapproche inexorablement de
2029. Nous savons tous qu’un gouvernement qui atteint le mi-mandat tient malheureusement en apesanteur.
Face à ce constat, une seule question s’impose : peut-on encore gouverner ce pays de manière aussi désorganisée, sans le moindre respect pour le choix exprimé par les citoyens lors des élections ? Peu de ce qui a été promis est respecté.
Chaque événement prévisible (comme la dégradation de la notation de la
Belgique) sert, ou servira, d’alibi à des mesures improvisées et souvent
injustes.
Si nos dirigeants, certes légitimes, avaient le véritable courage démocratique, ils devraient redemander sans tarder l’assentiment du peuple par des élections fédérales anticipées. Non pas par calcul politique, mais pour
vérifier honnêtement si la population les suit encore.
Très honnêtement, je ne sais pas