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Et si les Etats-Unis privilégiait un coup d'état?

​L’Amérique à l’épreuve de ses prochaines élections ou d’un coup d’Etat ?

Donald Trump vient de réaffirmer devant le peuple américain que l’élection présidentielle de 2020 aurait été manipulée et qu’il aurait dû la gagner. Cette affirmation demeure démentie par les résultats officiels, les recomptages et les nombreux recours judiciaires engagés après le scrutin.

Mais l’essentiel est ailleurs. En entretenant la conviction qu’une victoire de l’adversaire ne peut résulter que d’une fraude, Donald Trump fragilise le principe même de l’alternance démocratique. Le 6 janvier 2021, il n’a peut-être pas directement organisé l’assaut contre le Capitole, mais ses déclarations et son refus de reconnaître sa défaite ont contribué à susciter une révolte citoyenne susceptible de prendre la forme d’une tentative de renversement de l’ordre constitutionnel.

Dans quelques mois auront lieu les élections de mi-mandat. Elles renouvelleront toute la Chambre des représentants et un tiers du Sénat. Si les républicains perdaient des sièges décisifs, Donald Trump pourrait à nouveau dénoncer des fraudes dans certains États, encourager des recours, demander des enquêtes fédérales et exercer une forte pression politique sur les gouverneurs et les responsables chargés de certifier les résultats.

Il ne pourrait cependant pas annuler lui-même une élection, modifier les résultats par décret ni prolonger le mandat des élus sortants. Aux États-Unis, les scrutins législatifs sont organisés par les États. Les litiges sont examinés par les autorités électorales et les tribunaux. La Constitution prévoit néanmoins que chaque chambre du Congrès est juge de l’élection de ses propres membres. Si la majorité dépendait de quelques sièges contestés, des certifications retardées ou refusées pourraient donc provoquer une crise institutionnelle majeure.

Le danger immédiat réside moins dans un coup de force juridique, qui serait rapidement contesté, que dans l’installation d’un doute généralisé : chaque défaite deviendrait suspecte, chaque juge serait accusé de partialité et chaque fonctionnaire électoral serait soumis à des pressions. Une démocratie peut continuer à organiser des élections tout en perdant progressivement la confiance qui lui donne sa légitimité.

Mais le véritable danger constitutionnel se situera en 2028. Donald Trump ne pourra normalement pas briguer un troisième mandat : le XXIIᵉ amendement limite tout président à deux mandats.

La question sera donc de savoir s’il acceptera de quitter la Maison-Blanche et de laisser son camp désigner un successeur indépendant.

S’il contestait la validité d’une défaite républicaine, cherchait à imposer son héritier ou encourageait une interprétation visant à prolonger son pouvoir, l’Amérique entrerait dans une zone inconnue.

Les élections de 2026 constitueront ainsi une répétition générale. Celles de 2028 diront si les institutions américaines restent plus fortes que l’homme qui les dirige.​

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