
Chères consœurs, chers confrères,
Un médecin ouvre son ordinateur. Il découvre trois étoiles sur cinq, un commentaire acide sur son accueil, une note qui ne dit rien de sa compétence. Ce cas de conscience, raconté récemment dans la presse française, pourrait bientôt devenir le nôtre.
Nos clientes et clients, eux aussi, cliquent, comparent, publient. Demain, une note sur Google pourrait juger notre écoute, notre réactivité, notre facture, avant même que quiconque n'ait mesuré la rigueur de notre travail.
Nous ne sommes pas des hôteliers. Nous n’avons rien à vendre, sinon la confiance. Pourtant, cette confiance, tissée dossier après dossier, pourrait un jour se réduire à un simple chiffre, sans visage ni mémoire, perdu au milieu d'avis anonymes.
Alors, ouvrons les yeux, ensemble, sans peur.
Notre force, à nous, cabinets à taille humaine, c'est la proximité. Nous connaissons le prénom de nos clients et clients, l'histoire de leur entreprise, parfois les soucis de leurs nuits. Cette relation-là ne se mesure pas en étoiles. Elle se vit, elle se construit, elle se répare aussi, quand il le faut, par la parole plutôt que par le clic.
Ne laissez pas un algorithme raconter notre métier à notre place. Parlons à nos clientes et clients avant qu'ils ne parlent de nous. Écoutons leurs frustrations avant qu'elles ne deviennent commentaires. Soignons, chaque jour, ce lien fragile et précieux qui fait de notre profession bien plus qu'un service : une présence.
Et si une note tombe un jour, injuste ou maladroite, rappelons-nous ceci : elle ne dira jamais tout. Ni la nuit passée sur un dossier urgent, ni la discrétion gardée sur un secret partagé, ni la main tendue dans une tempête fiscale.
D'autres métiers l'apprennent déjà, parfois durement. Anticipons, nous, avec cœur et lucidité, en consœurs et confrères solidaires.
Notre métier ne se note pas. Il se vit, à visage humain, ensemble
Guy K