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Et si on redevenait de vrais maîtres jardiniers ?

La comptabilité sera bientôt partout, tout le temps et à coût quasi nul. Alors, quelle sera encore l'utilité d'un expert-comptable ? Cette chronique propose trois chantiers de culture et de jardinage pour préparer dès aujourd'hui la réponse.


Chères consœurs, chers confrères,

Ouf… les déclarations TVA sont enfin derrière nous. Nous pouvons reprendre notre souffle, et redescendre dans notre jardin secret.
Car pendant que nous étions absorbé.e.s par les échéances, notre métier, lui, a continué inexorablement d'évoluer.

Avec l'intelligence artificielle, la facturation électronique et les nouvelles plateformes, un dossier de tenue ne nécessitera bientôt plus qu'une intervention humaine limitée. Collecte, saisie, rapprochements, déclarations TVA : le désherbage se fait désormais presque tout seul. De tondeurs de pelouse, nous devenons progressivement celles et ceux qui vérifient que la pelouse est bien tondue. Et, entre nous, c'est plutôt une bonne nouvelle.

Cette évolution n'est pas seulement technologique ; elle est aussi historique. Depuis des décennies, la profession a construit son modèle économique sur des missions récurrentes, standardisées et imposées par la loi. Elles ont fait la force de nos cabinets et rendu un service indispensable à nos entreprises comme à … nos finances publiques.

Mais ce modèle atteint aujourd'hui ses limites. La tenue comptable reste indispensable, mais sa valeur migre vers les plateformes. La comptabilité sera bientôt disponible partout, en permanence et à coût quasi nul. Ce n'est plus une hypothèse : c'est déjà une réalité.

Les nouveaux éditeurs de logiciels et certaines banques ne sont pas des « imposteurs ». Ils répondent, eux aussi, à un besoin des entrepreneurs. Refuser cette évolution reviendrait à défendre notre ancien métier plutôt que l'intérêt de nos clients.

La vraie question n'est plus si nous devons changer, mais comment ?

Trois grands chantiers de jardinage s'imposent.
  1. D'abord, laisser la tondeuse robot s'occuper de la pelouse. Automatiser tout ce qui peut l'être est la seule façon de libérer du temps.
  2. Ensuite, consacrer ce temps au vrai jardin : semer de nouvelles missions, arroser la relation, planter des idées, tuteurer les entreprises lorsqu'elles traversent une mauvaise saison. Pilotage, trésorerie, tableaux de bord, prévisionnels, calcul des coûts ou accompagnement stratégique : les attentes de nos clients sont immenses.
  3. Enfin, investir dans l'humain. Un bon jardinier ne connaît pas seulement ses outils ; il connaît son sol, son climat et l'histoire de son jardin. Plus la technologie progresse, plus cette connaissance devient précieuse. Nos clients attendent une écoute, un regard, une expérience, pas seulement des données bien taillées.
Pendant longtemps, nous avons fait du jardinage avec une simple tondeuse. Mais le temps est venu où nous devons utiliser tous les outils du vrai jardinier : celui qui ne se contente plus de tondre, mais qui sème, plante, arrose... et fait grandir.

Guy K



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