
L’année 2026 est cruciale pour les États-Unis. Elle sera, à l’instar de cet engagement militaire incompréhensible en Iran, une année périlleuse à de nombreux égards.
Cette guerre, tout d’abord, est la négation de ce que Trump avait annoncé, qui postulait une ère de paix. J’avais, dans de nombreux textes, articles et livres, alerté sur le danger de cette posture pacifiste. En effet, les États-Unis n’ont pas de politique extérieure : ils exportent leurs malaises intérieurs. C’est ainsi que les guerres servent d’exutoire à la violence d’un système économique (aux dérives raciales persistantes), par l’expulsion de malaises sociétaux à travers des guerres lointaines, jamais terminées.
Mais, justement, cette année se place sous une nouvelle présidence de la banque centrale américaine, la Federal Reserve, dont les orientations du futur président sont floues. Le dollar est évidemment tiraillé entre deux contraintes contradictoires : être abondant, donc faible, pour servir de monnaie universelle, et être suffisamment fort pour être crédible.
Ce sera la faiblesse qui s’imposera, même en cas d’inflation, puisque Trump veut doper les marchés boursiers et les exportations, tout en augmentant le pouvoir d’achat d’une population endettée et déçue.
Et puis, il y a les élections de mi-mandat que les Républicains vont essayer de corrompre et/ou de contester, ce qui pourrait entraîner la plus grave crise institutionnelle des États-Unis, alimentant, incidemment, leurs menaces militaires et questionnant la crédibilité de leur monnaie.
Enfin, presque toutes les générations : ma mère dit encore entendre le bourdonnement des bombardiers qui survolaient Bruxelles en 1944-45 sur le trajet vers l’Allemagne.