
La Belgique est confrontée à une équation devenue impossible à dissimuler.
Le vieillissement accroît les dépenses de pensions et de soins de santé. La charge d’intérêts augmente. Les besoins sociaux restent élevés. Or, en même temps, les cotisations sociales ne suffisent plus à financer l’ensemble de la protection sociale.
Et cela, c'est un véritable problème puisque c'est l'impôt qui finance quasiment 50 % des prestations sociales !
Progressivement, l’impôt se substitue donc aux cotisations sociales pour financer les dépenses sociales. Ce basculement est majeur. Il signifie que le débat fiscal n’est plus seulement un débat de recettes. Il devient un débat sur la viabilité du modèle social belge.
Dès lors, quelle est la crédibilité des partis qui ont promis, répété et martelé qu’ils ne voulaient aucune hausse d’impôts ? Cette position peut être politiquement audible.
Elle ne l’est plus économiquement si l’on veut préserver la solidarité, les soins de santé, les pensions et la cohésion sociale.
Il faudra ÉVIDEMMENT maîtriser les dépenses publiques, supprimer les gaspillages, simplifier les structures et mieux cibler les transferts. Mais cela ne suffira pas. Il faudra aussi parler des recettes, avec lucidité et sans caricature.
L’enjeu est d’éviter deux erreurs symétriques : affaiblir la bienveillance sociale au nom d’une austérité aveugle, ou décourager l’entrepreneuriat au nom d’une fiscalité mal conçue.
La Belgique doit préserver les deux : la solidarité et la prise de risque, la protection sociale et l’investissement productif, la redistribution et la création de richesse.
C’est cet équilibre qui devient décisif. Une fiscalité viable doit financer le modèle social sans pénaliser l’entreprise, l’innovation, le travail et le capital qui créent de l’emploi. Elle doit être lisible, équitable, ciblée et assumée.
Je ne sais pas si ce gouvernement pourra tenir jusqu’en 2029 avec un tel niveau d’amertume et d’incompréhension.
Mais je sais qu’un pays ne peut pas promettre durablement le maintien de son modèle social tout en refusant de préciser comment il sera financé