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La FED ne supprime pas le risque: elle le déplace ....

Un changement important est en cours à la Réserve fédérale américaine. Son nouveau président, Kevin Warsh, veut réduire fortement le forward guidance, c’est-à-dire les indications que la banque centrale donne sur l’évolution probable de ses taux d’intérêt.Depuis la crise de 2008, cette communication est devenue un instrument monétaire à part entière. Elle permet aux marchés d’anticiper la trajectoire des taux et donc de valoriser les obligations, les crédits et, indirectement, l’ensemble des actifs financiers.Réduire ce forward guidance peut se défendre. Les marchés sont sans doute devenus trop dépendants de la parole des banques centrales. Mais cela ne supprime pas le risque. Cela le déplace.Si la fonction de réaction de la Fed devient moins lisible, les investisseurs doivent intégrer davantage d’incertitude dans les prix. Cette incertitude devient une prime de risque. Elle peut donc se traduire par davantage de volatilité obligataire et, surtout, par des taux longs plus élevés.Pour les banques, l’effet est immédiat. Une courbe des taux plus instable complique la gestion actif-passif, les couvertures, la valorisation des portefeuilles obligataires et la tarification du crédit. Le risque que la banque centrale ne balise plus est repris par le système financier.Mais il y a un autre problème, plus important encore.Cette réduction du forward guidance intervient au moment où l’indépendance de la Fed est davantage politisée. Donald Trump veut des taux plus bas. Le Trésor américain souhaite évidemment financer la dette au meilleur coût possible. Et Scott Bessent, le secrétaire au Trésor américain (équivalent à un ministre des Finances), a publiquement soutenu une réduction de la guidance monétaire.C’est là que les choses deviennent délicates. Une Fed moins prévisible est parfaitement défendable si son indépendance ne fait aucun doute. Elle l’est beaucoup moins si les marchés commencent à soupçonner un alignement croissant entre la Fed, le Trésor et la Maison-Blanche.Dans ce cas, la prime de risque ne rémunère plus seulement l’incertitude économique.Elle rémunère aussi l’incertitude politique.Et c’est probablement là que se situe le véritable enjeu monétaire américain.



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Publié le 12 Feb 2026 à 05:10
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