• FR
  • NL
  • EN

Quand l'or va-t-il franchir les 10.000 dollars l’once ?

Même si le cours de l’or reste accroché à ses sommets historiques, mon intuition me dit que sa valeur de référence va augmenter de manière significative à l’avenir. Le titre de cet article est bien sûr accrocheur, mais une once d’or à 10 000 dollars constituerait un doublement de son prix, soit exactement ce qui a été constaté depuis les 18 derniers mois !

Le principal risque pour l’économie mondiale réside dans la fragilité du dollar, lesté par une dette publique proche de 40 % du PIB mondial (alors que les États-Unis ne représentent que 4 % de la population mondiale). Le risque est celui que l’on appelle le « debasement », que l’on pourrait traduire par le désarrimage du dollar au titre de l’évidence monétaire. Si ce risque se concrétise, le dollar — sous forme de placements et de détention d’obligations américaines — sera écarté des réserves de change. C’est d’ailleurs ce qui a motivé de nombreuses banques centrales à remplacer le billet vert par l’or, même si une banque centrale, libérée de contraintes bilatérales, peut théoriquement fonctionner sans adosser sa monnaie à un actif tangible.

La précarité du dollar pourrait également être accentuée par la politique du futur président de la Réserve fédérale. Même s’il n’est pas doté des pleins pouvoirs, son influence est déterminante. Son idée, d’ailleurs séduisante, est que les gains de productivité associés aux développements technologiques, tels que l’intelligence artificielle, entraîneront une déflation technologique. Selon cette thèse, le progrès induirait une baisse structurelle des prix que la Réserve fédérale n’aurait plus à combattre, ce qui lui permettrait de réduire ses taux directeurs.

De surcroît, il est fort à parier que Kevin Warsh a donné des gages de baisse des taux à Donald Trump. Ce dernier avait d’ailleurs, avant de ramener ses propos au rang de plaisanterie, menacé le prochain gouverneur de la Réserve fédérale d’un procès s’il ne baissait pas les taux. Il est donc plausible que, pendant un certain temps, les taux de la Réserve fédérale, après déduction de l’inflation constatée, soient négatifs — comme si le dollar « rétrécissait ». Cette situation contribuerait à effrayer les détenteurs étrangers de dollars qui exigeraient alors des rémunérations plus élevées sur les obligations qu’ils détiennent. On observerait alors des forces contraires : une déflation technologique d’un côté, et un dollar déprécié, lui-même de l’inflation aux États-Unis, de l’autre.

Enfin, un troisième élément viendrait fragiliser le billet vert. Envisageons le scénario où, en novembre 2026, à l’occasion des élections de mi-mandat, les États-Unis basculeraient dans un coup de force institutionnel. Sous l’effet des menaces de blocage, l’or quitterait son socle actuel pour atteindre 6 500 dollars dès octobre, ce qui signalerait déjà la fin de la certitude démocratique américaine.

Mots clés

Articles recommandés