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​La fin de l’illusion occidentale

Au risque de m’égarer, j’essaie sans cesse de sortir de ma bulle de confort mentale et répétitive, pour imaginer quels changements économiques la déstructuration du monde peut entraîner. Les ruptures sont très profondes : la révolution industrielle de l’IA est abyssale et les configurations politiques mondiales se remodèlent autour d’empires.

Il faut remodeler nos pensées. Par exemple, le lien occidental entre l’Europe et les États-Unis reflète des projections mentales que nous entretenons, sublimées par le rappel incessant des deux guerres mondiales et l’image polie et bienveillante de l’Amérique.

Mais tout cela, c’est fini.

La réalité, c’est que l’Europe, terre prospère et auparavant dominante dans le monde par ses colonies, devient un continent vieillissant, à la merci de ces empires qui se renforcent.

En fait, nous aurions dû le comprendre dès 1776, année de la Déclaration d’indépendance des États-Unis. Ce territoire, prétendument découvert par Christophe Colomb, décida de faire sécession de l’occupant anglais ; à telle enseigne que le drapeau américain porte 13 bandes pour les 13 colonies qui se sont unies à l'époque.

Ensuite, nous avons conservé des colonies territoriales partout, dont nous fûmes expulsés, pour retrouver plus tard des « colonies économiques » découlant de la chute du maoïsme et du marxisme-léninisme.

Nous voilà donc bien esseulés, avec un déficit d’énergie et des régimes sociaux certes indispensables, mais qui n’auraient pu être mis en œuvre sans l’explosion démographique du baby-boom (1945-1963) ni la nécessaire reconstruction de l’Europe.

Comme nous sommes incapables de développer des programmes industriels dépassant les frontières de chaque pays et que nous n’avons pas pu tirer parti d’économies d’échelle, l’innovation est partie sous d’autres cieux.

Nous avons, en revanche, construit des institutions dans le but louable de créer un terreau fertile à la paix. Mais maintenant, il faut sauver l’Europe dans un climat de souverainisme rampant, avec des dirigeants nationaux de qualité inégale.

Je suis certain que cela passera par un modèle plus confédéral, c’est-à-dire des liens plus distendus entre les pays, car les forces centrifuges sont désormais plus fortes que les forces centripètes.

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