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Le surendettement survient rarement du jour au lendemain

Le surendettement résulte rarement d’un événement isolé. Il survient lorsque des situations de vulnérabilité, un tournant dans la vie et un manque d’aide apportée à temps se succèdent.

C’est ce qui ressort d’une étude exploratoire commandée par le SPF Economie sur les causes du surendettement.

La publication des résultats de cette étude coïncide avec le lancement de la campagne de prévention « Stop aux dettes ». Son objectif : informer les personnes surendettées et leur apporter de l’aide.​

L’étude, réalisée par l’Observatoire du Crédit et de l’Endettement à la demande du SPF Economie, souligne que le surendettement se développe généralement en trois phases. Certaines situations de vulnérabilité réduisent d’abord la marge de manœuvre d’une personne. Il peut s’agir d’un revenu insuffisant, d’une situation professionnelle instable ou de frais fixes élevés. Survient ensuite un événement déclencheur : un divorce, une maladie, une perte d’emploi ou une dépense imprévue importante. C’est seulement ensuite que surviennent les décisions qui font basculer la situation, telles que le report de paiement, les premiers défauts de paiement ou le recours au crédit.


Les personnes qui s’endettent pensent souvent que c’est de leur faute. Cette étude démontre justement le contraire : le surendettement résulte généralement d’une accumulation de circonstances, et non d’une seule mauvaise décision.Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie


Un même événement, deux parcours très différents

L’un des résultats les plus frappants de l’étude est la comparaison entre des personnes ayant vécu un événement similaire, mais dont le parcours a été totalement différent. Ainsi, Marine (38 ans) et Julie (34 ans) ont toutes deux été confrontées à des violences conjugales, à des dettes imposées, à un déménagement avec leurs enfants et à des problèmes de santé.


Dans le cas de Marine, la dette est restée inférieure à 2.000 euros, grâce à un revenu propre, à un accès rapide à l’aide et à un accompagnement structuré.

Dans le cas de Julie, la dette a atteint plus de 10.000 euros, sous l’effet de la dépendance économique, de frais de santé élevés, de l’isolement et d’une aide qui n’est arrivée que tardivement.

Ces exemples ne permettent pas de tirer des conclusions générales, mais ils illustrent bien un constat central de l’étude :

ce n’est pas seulement l’événement lui-même, mais surtout le moment où l’aide est apportée et les moyens dont dispose la personne qui déterminent en partie la suite du parcours.

La prévention doit également se concentrer sur des moments précis, et pas uniquement sur des groupes cibles

La prévention s’articule traditionnellement autour des groupes à risque. L’étude préconise de compléter cette approche en accordant une attention particulière aux événements à risque :


  • l’accès à l’autonomie financière ;
  • l’acquisition d’un premier logement ;
  • la naissance d’un enfant ;
  • le lancement d’une activité indépendante ;
  • un divorce ;
  • la perte d’emploi ;
  • la maladie ou l’incapacité de travail ;
  • les premiers retards de paiement ou le recours au crédit pour couvrir les dépenses courantes.

C’est précisément à ces moments-là que la vulnérabilité face au surendettement s’avère la plus grande.

Cela signifie que la prévention ne doit pas seulement cibler les personnes vulnérables, mais aussi les moments où la vulnérabilité financière peut soudainement apparaître ou s’aggraver.

Une politique de prévention efficace ne doit donc pas se limiter à l’information, mais doit également miser sur l’intervention précoce, sur la présence aux moments clés de la vie et sur un accès rapide à un soutien concret.

Savoir n’est pas synonyme de pouvoir agir

L’évaluation des outils d’accompagnement montre que les actions de prévention ont surtout un impact sur les connaissances et les intentions, et moins sur les comportements durables. Une personne peut comprendre les conseils et vouloir les appliquer, sans pour autant être en mesure de le faire dans la pratique en raison d’obstacles économiques, sociaux ou linguistiques.


L’étude identifie comme principaux freins :

Prévention, recouvrement et médiation de dettes doivent fonctionner ensemble

Enfin, l’étude souligne que la prévention, le recouvrement et la médiation de dettes ne constituent pas des domaines politiques distincts, mais forment ensemble une seule et même politique de lutte contre le surendettement. Une intervention précoce, la prévention de l’accumulation des frais, des pratiques de recouvrement raisonnables et un accès aisé à la médiation et à l’accompagnement, comme la gestion budgétaire, se renforcent mutuellement. La prévention n’est efficace que s’il existe des solutions concrètes et accessibles.

Une campagne qui incite à agir

La campagne de prévention « Stop aux dettes », qui démarre aujourd’hui, vise à aider les personnes à reconnaître les premiers signes de vulnérabilité financière, à les libérer de leur sentiment de culpabilité et à les encourager à demander de l’aide à temps.


Nos recherches montrent que la sensibilisation permet avant tout d’accroître les connaissances, mais ne conduit pas automatiquement à un changement de comportement. C’est pourquoi la campagne s’accompagne d’orientations concrètes vers des professionnels et des outils d’aide, afin que les personnes sachent non seulement quoi faire, mais puissent aussi passer à l’action.Etienne Mignolet, porte-parole du SPF Economie

1 Belge sur 20 indique qu’il ou elle n’est pas toujours en mesure de payer toutes ses factures à temps. Cela peut commencer par une facture d’énergie élevée, une dépense imprévue ou la perte de son emploi. Lorsque des frais et des rappels de paiement viennent ensuite s’y ajouter, un problème temporaire peut rapidement se transformer en véritable montagne de dettes. C’est pourquoi nous lançons aujourd’hui « Stop aux dettes ». Cette campagne aide les personnes à reconnaître les premiers signaux d’alerte, leur montre qu’elles ne sont pas seules et les oriente rapidement vers l’aide appropriée. Plus on demande de l’aide tôt, plus grandes sont les chances d’éviter qu’une facture difficile à payer ne se transforme en problème de dettes.Rob Beenders, ministre de la Protection des consommateurs

Stop-aux-dettes.be





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