
Selon la directive européenne sur la transparence des rémunérations, qui devrait normalement être transposée dans la législation belge d’ici la fin de cette année, les employeurs seront tenus de communiquer le salaire de départ ou l’échelle salariale du poste publié. Cela permettra aux candidats et aux employeurs de mener des négociations salariales de manière transparente et en toute connaissance de cause. De nombreux candidats y sont d’ailleurs favorables. C’est ce que révèle l’enquête annuelle menée par Acerta et Stepstone.
La moitié des candidats interrogés (50,2 %) – tant des personnes actuellement sans emploi que des travailleurs déjà en service ailleurs – estime que les offres d’emploi ne sont pas encore suffisamment claires quant à la rémunération et aux avantages liés à leur éventuel futur emploi. Pas moins de 75,5 % des candidats sans emploi estiment qu’il est plutôt important voire très important que les offres d’emploi mentionnent la fourchette salariale. Parmi les candidats déjà en poste ailleurs, plus de 8 sur 10 (83,2%)

Illustration 1 : importance accordée par les candidats à la mention de la fourchette salariale dans les offres d’emploi – Talent Pulse 2026.
À l’inverse, 31,8 % des candidats déclarent être encore régulièrement interrogés sur leur ancien salaire pendant des entretiens d’embauche. Cette pratique ne sera plus permise, une fois la nouvelle directive européenne transposée. Les résultats montrent que la transparence salariale est bien plus qu’une obligation légale en devenir : elle peut également représenter un levier en vue d’un meilleur recrutement. Les employeurs qui fournissent dès aujourd’hui des informations claires sur les salaires et les avantages augmentent leurs chances d’attirer des talents tout en se forgeant une réputation d’employeur crédible et transparent.
Mélina Krantz, experte juridique chez Acerta : « Les employeurs font face à un dilemme. S’ils ne précisent pas le salaire ou les conditions de travail, plus d’un demandeur d’emploi sur cinq ne postule pas. Il s’agit évidemment d’un bon argument pour spécifier la rémunération dans le texte de l’offre d’emploi. Mais si l’échelle salariale ne s’avère pas suffisamment attrayante, 36,9 % des demandeurs d’emploi ne postulent pas non plus. Conformément à la directive européenne sur la transparence des salaires, les candidats doivent recevoir assez d’informations sur le salaire de départ ou le barème salarial. Le salaire ne doit pas nécessairement figurer dans le texte de l’offre d’emploi, du moins pas selon la directive. L’employeur doit néanmoins communiquer au candidat la rémunération envisagée avant le début des négociations salariales. »
À propos des chiffres
Les données proviennent de l’enquête annuelle Talent Pulse d’Acerta et de Stepstone Belgique auprès de personnes actives et de chômeurs. Au total, plus de 1700 personnes ont participé à l’enquête. Parmi les personnes interrogées, 48,6 % sont des hommes et 50,8 % des femmes, répartis dans les différentes tranches d’âge.