Les vents tournent: piloter un cabinet à l’ère des compétences
Temps de lecture: 2 min | 13 janv. 2026 à 05:00
Roger Lassaux
Rédacteur en chef @ FFF
Guy KAHN
Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
La seule chose pire que de former vos employé.e.s et de les voir partir, c''est de ne pas les former et de les voir rester Heny Ford
Pendant longtemps, nous avons piloté nos cabinets comme un navire bien réglé : des rôles clairement répartis, des process solides, une organisation rassurante. La route était connue. Les cartes fiables. La navigation, maîtrisée.
Mais voilà : les vents ont tourné, et la mer n’obéit plus aux cartes d’hier.
Diriger un cabinet aujourd’hui, ce n’est plus conserver à tout prix un cap ancien. C’est accepter que la mer soit plus tumultueuse et investir là où la valeur tient encore bon : dans l’intelligence collective, l’agilité, et la confianceaccordée à l’équipage.
La question n’est plus :« Ai-je assez de marins ? » Mais plutôt :« Ai-je les bonnes compétences, au bon moment, pour les bons enjeux ? »
La stratégie gagnante pour les cabinets n’est plus une stratégie d’organigramme, mais unestratégie de compétences.
Former: faire du cabinet une organisation apprenante. Former, oui, mais surtout rendre visibles et mesurables les savoir-faire. La compétence devient un actif que l’on développe, pas une ligne sur un CV.
Transformer : Aller chercher des expertises qui transforment le cabinet : data, conseil, durabilité, accompagnement stratégique. Le recrutement devient un acte de gouvernance.
Coopérer: accepter que tout ne soit pas « internalisé ». Savoir mobiliser rapidement des expertises externes. Le cabinet s’ouvre, respire, devient réseau plutôt que forteresse.
Automatiser: confier aux machines ce qui n’a plus besoin d’intelligence humaine. Pour libérer du temps. Et redonner aux femmes et aux hommes du cabinet ce qui fait le cœur du métier : le jugement, la relation, la vision.
Derrière ces leviers, un changement subtil mais profond se dessine : On ne gérera plus des postes, mais on orchestrera des talents.
Le cabinet de demain ne sera pas forcément plus grand. Il sera plus diversifié, plus agile, plus humain.
Et peut-être est-ce là notre plus belle responsabilité de dirigeants : transformer nos cabinets en lieux où les compétences grandissent… autant que la confiance.