
Enquête d’Acerta basée sur Eurostat : les entreprises de production, et non de services, témoignent de la plus forte intégration de l’IA sur le lieu de travail
L’IA fait désormais partie intégrante de nombreux lieux de travail, comme le révèlent également les chiffres les plus récents de l’office des statistiques de l’Union européenne Eurostat, analysés par l’expert en RH Acerta. Notre pays se hisse à la quatrième place du classement européen en ce qui concerne l’utilisation de l’intelligence artificielle sur le lieu de travail. La Belgique perd donc une place (elle était troisième l’année dernière), mais le nombre d’entreprises belges qui ont intégré l’IA dans leurs opérations a fortement augmenté. Pas moins d’une entreprise sur trois (34,5 %) comptant plus de 10 travailleurs utilise au moins une technologie de l’IA dans ses activités. Cela représente une hausse d’environ 40 % par rapport à il y a un an à peine, et une augmentation considérable de 150 % par rapport à il y a deux ans. En Belgique, ce sont les entreprises bruxelloises qui obtiennent les meilleurs résultats (38,9 %), suivies des entreprises flamandes (32,6 %) et des entreprises wallonnes (28,1 %). Il n’y a qu’au Danemark, en Suède et en Finlande que les entreprises sont plus nombreuses à utiliser l’IA que nous. Cette année, le Portugal (11,5 %), la Lettonie (12,2 %) et la Croatie (15,2 %) sont les derniers du classement européen, la moyenne de l’UE étant de 20 %.
Laura Couchard, experte en innovation chez Acerta, explique : « Nous ne pouvons pas nier que l’IA continue d’améliorer l’efficacité, la productivité et la qualité des services internes et externes. Elle contribue également à divers processus d’entreprise, comme l’attribution des tâches et la sélection des CV, et est aussi de plus en plus utilisée pour détecter des défauts et mettre en place des contrôles de qualité dans les processus de production. Son intégration accélère au fur et à mesure que la confiance en la technologie de l’IA grandit. Nous nous appuyons sur notre économie de la connaissance, ce qui est l’une des raisons pour lesquelles nous figurons parmi les "early adopters" en Europe. L’IA a de l’importance pour nos entreprises en vue de renforcer et défendre leur compétitivité, tant au niveau européen qu’au niveau mondial. »

Illustration 1 : pourcentage d’entreprises utilisant au moins une technologie de l’IA en 2023, 2024 et 2025, selon les chiffres d’Eurostat
Alors que le secteur des services était encore en tête de l’adoption de l’IA l’année dernière, le secteur de la production a repris cette position l’année écoulée. Pas moins de 39,8 % des entreprises manufacturières utilisent l’IA, soit une hausse de 71,3 %. Le secteur de la construction est également en plein essor, avec une croissance de 82,8 %. Dans ces secteurs, l’IA gagne sans cesse du terrain, d’une part dans les différentes formes de communication et, d’autre part, dans les processus mêmes, comme l’analyse des risques, la maintenance et les opérations, le contrôle de la qualité et la planification et le suivi des projets.

Illustration 2 : pourcentage d’entreprises utilisant au moins une technologie de l’IA dans les différents secteurs en 2023, 2024 et 2025, chiffres d’Eurostat, *secteur financier non inclus
En outre, la mise en place de l’IA reste la plus élevée parmi les grandes entreprises (≥ 250 travailleurs) : trois grandes entreprises sur quatre (76,4 %) déploient l’IA – une hausse de 15,3 % par rapport à l’année dernière. Toutefois, ce sont les moyennes entreprises (50-249 travailleurs) qui connaissent la croissance la plus soutenue en 2025. Leur adoption a augmenté de plus de la moitié au cours de l’année écoulée (52,6 %), de sorte que 54,5 % d’entre elles utilisent désormais l’IA. Les petites entreprises (10-49 travailleurs) suivent avec une croissance de 39,2 %. Dans ce dernier groupe, près de trois entreprises sur dix (28,8 %) se servent à présent de l’IA.

Illustration 3 : pourcentage d’entreprises utilisant au moins une technologie de l’IA par taille d’entreprise en 2023, 2024 et 2025, chiffres d’Eurostat
Comme l’année dernière, la fouille de textes (c’est-à-dire l’analyse de textes) reste l’application d’IA la plus utilisée dans notre pays, avec 23 %. La génération automatique de texte (création de langage écrit ou parlé) arrive en deuxième position avec 15,9 %. La troisième place revient cette année à la reconnaissance vocale (conversion du langage parlé en un format lisible par machine), avec 12,3 %. La RPA basée sur l’IA (automatisation des tâches et des processus de routine) passe à la cinquième place avec 10,8 %, quittant ainsi le podium.
La poursuite de la croissance de l’utilisation de l’IA requiert d’accorder une attention permanente à une politique en matière d’IA au sein des entreprises qui facilitent l’adoption et l’utilisation correcte par les travailleurs.
Laura Couchard : « Le règlement européen sur l’IA incite les entreprises à réfléchir à l’importance d’une politique claire à ce sujet, dans laquelle les connaissances en matière d’IA jouent un rôle clé. Les entreprises doivent former les travailleurs afin qu’ils sachent ce qu’impliquent les applications d’IA utilisées et où se situent les risques. Nous recommandons également aux entreprises de définir des compétences de base liées à l’IA pour leurs travailleurs. Il s’agit tant de compétences techniques que de soft skills, comme la réflexion critique, la créativité et la capacité d’adaptation à un contexte professionnel changeant. Les entreprises peuvent ainsi se préparer stratégiquement à l’avenir. »

Illustration 4 : technologies de l’IA les plus utilisées par les entreprises en Belgique en 2023, 2024, 2025, Eurostat
À propos des chiffres
L’analyse repose sur les chiffres les plus récents d’Eurostat, collectés dans le cadre de l’enquête « Survey on ICT usage and e-commerce in enterprises ». La population totale se compose d’entreprises comptant au moins 10 travailleurs et de professionnels indépendants, à l’exclusion de l’agriculture, de la sylviculture et de la pêche, de l’exploitation minière, des carrières et du secteur financier. Un échantillon représentatif de 157 000 entreprises a été retenu sur les quelque 1,54 million d’entreprises répondant à ces critères. Pour la Belgique, StatBel a rapporté un échantillon d’environ 7500 entreprises.
Source : https://ec.europa.eu/eurostat/en/web/products-eurostat-news/w/ddn-20250123-3