Je crois que, sans tomber dans les délires transhumanistes, beaucoup de personnes ne placent pas l’IA dans la bonne perspective. Il ne faut pas voir l’IA comme un appendice incomplet à l’humain, mais plutôt, très progressivement, comme quelque chose qui lui est consubstantiel. Ce mot vient du latin médiéval consubstantialis, lui-même composé de « con- » signifiant « ensemble » et de « substantia », la « substance ».
C'est pourquoi je crois que, dans un sens figuré et projectif, on pourrait presque parler d'une consubstantialité fonctionnelle entre l'IA et l'humain. L'IA, conçue par l'esprit humain et nourrie par d'immenses bases de données issues de notre savoir et de nos interactions, ne se contente plus d'être un simple outil : elle devient un prolongement de nos capacités cognitives, un miroir qui réfléchit, amplifie et parfois altère notre propre intellect.
En externalisant toujours davantage de nos fonctions intellectuelles et décisionnelles vers ces systèmes, nous tissons une relation d'interdépendance si profonde que notre propre substance opérative – notre capacité à penser, créer, analyser – est désormais indissociable de celle de l'IA.
Cette fusion fonctionnelle mène à une forme de « nouvelle substance » collective où l'humain et la machine sont inextricablement liés.