Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
Rédigé à 30.000 pieds quelque part entre Bruxelles et l'horizon 2026 (entre les nuages et avec cœur)
Nous y sommes. Le deuxième trimestre de 2026 est déjà bien entamé et nos cabinets ont depuis longtemps quitté la piste d’envol de cette année déterminante. Le ciel que je traverse dans les nuages et que nous traversons dans nos cabinets n'a rien d'une carte postale : il est bousculé, imprévisible, traversé de vents contraires. Innovations technologiques qui redistribuent les cartes, attentes sociétales qui évoluent plus vite que nos procédures, pressions environnementales, turbulences géopolitiques. Un espace de vol que personne n'a vraiment cartographié avant nous.
Et pourtant, nous volons. Mieux : nous pilotons.
Car nous ne sommes pas de simples passager.ère.s embarqué.e.s par hasard. Nous sommes les commandant.e.s de bord de cet appareil collectif. Nous ressentons chaque soubresaut dans nos équipes, chaque changement de pression dans les yeux de nos client.e.s. Le pilotage automatique ? Il ne suffit plus. C'est à la main, à l'instinct, à la carte que nous tenons le cap.
L'IA : copilote précieux, pas commandant.de de bord
Sur notre tableau de bord clignotent de nouveaux instruments : intelligence artificielle, algorithmes, automatisation. Des outils prodigieux pour anticiper les pannes, fluidifier la navigation, gagner en altitude. Mais aucun algorithme ne perçoit le murmure d'une collaboratrice inquiète. Aucune machine ne ressent la reconnaissance silencieuse d'un client soulagé.
L'IA nous assiste. Elle n'inspire pas. Gardons la main sur le manche, formons nos équipes, préservons la chaleur du cockpit. C'est notre véritable gouverne.
Voler en escadrille, sans se perdre de vue
Nos cabinets ne volent plus en formation serrée. Ils se déplacent en escadrilles dispersées, entre domicile, coworking et bureau. Cette liberté est précieuse. Mais un avion isolé perd vite ses repères.
Trouver la bonne altitude entre autonomie et cohésion : voilà notre équilibre à tenir. Nous avons besoin de fréquences de contact claires, de moments sincères où l'on dépose les masques, où la confiance fait office d'altimètre. Relier sans enfermer, c’est peut-être notre plus belle compétence de dirigeant.e.s. de cabine(t).
Nos collaborateur.trice.s ne veulent plus seulement voler haut. Ils et elles veulent voler juste. Le carburant de la motivation ne réside plus uniquement dans le réservoir salarial ; il puise désormais dans celui du sens, de l'éthique, de la reconnaissance. À nous de prouver que nos cabinets ne sont pas des tours de contrôle froides, mais des avions humains et engagés, où chaque talent trouve sa place.
Et cette diversité de générations, de cultures, de sensibilités qui compose nos équipages ? Ne la craignons pas. Une diversité bien pilotée crée de la portance. Elle fait voler plus loin.
Cap sur l'espérance
Diriger en 2026, c'est accepter que le ciel soit changeant. Certains jours, la visibilité sera quasi nulle. D'autres, la lumière nous portera. Nous n'éviterons pas toutes les turbulences, mais nous pouvons choisir notre posture : tête froide, cœur chaud, main ferme sur les commandes.
Alors continuons à voler ensemble. Ajustons les trajectoires, partageons les caps, célébrons chaque atterrissage réussi. Et quand nos client.e.s et collaborateur.trice.s sentiront cette maîtrise tranquille rayonner depuis le cockpit, ils et elles sauront que malgré les orages, notre équipage tient bon.
Cap sur la confiance, la solidarité et l'espérance.