Postuler un lundi : à faire ou à ne pas faire ?

La pénurie sur le marché du travail offre des opportunités aux employés à la recherche d’un nouveau défi. À cet égard, les lundis de janvier sont apparemment la période privilégiée par les Belges pour postuler. Mais a-t-on vraiment plus de chances de décrocher un emploi en posant sa candidature à ce moment-là ?

Le spécialiste du recrutement Robert Half s’est penché sur la question.

Il ressort d’une précédente enquête menée par Robert Half (décembre 2022) que près d’un employé belge sur cinq cherche activement un nouvel emploi et que près de la moitié d’entre eux est ouverte à relever un nouveau défi. Les employés semblent vouloir continuer à profiter des opportunités offertes par le marché du travail actuel.

Le Guide des Salaires 2024 de Robert Half nous apprend, en outre, qu’un employeur sur trois constate qu’un nombre croissant d’employés quittent l’entreprise dans les 12 mois suivant leur engagement. En parallèle, la moitié des employeurs indiquent vouloir conserver cette année encore le même nombre de collaborateurs qu’en 2023, tandis que près de 40 % souhaitent renforcer leurs effectifs. En d’autres termes, les employeurs restent à la recherche de nouveaux talents. Une énième preuve donc de la position privilégiée dans laquelle se trouvent les candidats.

Robert Half a, par conséquent, analysé les habitudes des employés belges en matière de candidature.

40 % des candidats postulent en janvier

Un candidat sur cinq envoie son CV un lundi. Aussi étonnant que cela puisse paraître, le nombre de candidatures reçues est nettement inférieur durant le week-end.

En effet, janvier est le mois le plus populaire pour déposer des candidatures. Les chercheurs d’emploi postulent d’ailleurs bien plus au cours des trois premiers mois de l’année que durant les mois (plus) ensoleillés. L’année dernière n’a fait que confirmer cette tendance : alors que d’ordinaire environ 30 % de toutes les candidatures sont soumises entre janvier et mars, ce chiffre a dépassé les 40 % en 2023.

« Il y a une bonne explication à ce pic lors du premier trimestre. Les entreprises établissent généralement leurs budgets en fin d’année pour pouvoir entreprendre des actions au début de l’année suivante. À mesure que l’année avance, divers événements — au sein de l’entreprise, dans le secteur, au niveau mondial — peuvent avoir un impact sur les effectifs. », explique Joël Poilvache, porte-parole et Regional Managing Director de Robert Half.

Cette technique est-elle vraiment efficace ?

En d’autres termes : a-t-on vraiment plus de chances de décrocher un emploi en posant sa candidature un lundi du mois de janvier ? Les experts de Robert Half ne sont pas forcément de cet avis.

Le critère principal sur lequel est jugée toute candidature reste le CV du candidat. Il doit se démarquer, ce qui est bien plus important que le timing. Par ailleurs, ce n’est pas parce que vous postulez un lundi que votre candidature sera traitée le même jour, bien au contraire. Les employeurs attendent souvent d’en recevoir un certain nombre pour pouvoir les comparer. Cependant, étant donné la pénurie actuelle sur le marché du travail, les entreprises peuvent difficilement se permettre de tarder à traiter une candidature.

« Les entreprises doivent prendre conscience que le processus de candidature constitue la première étape de l’expérience de l’employé, dans la manière dont un nouveau collègue potentiel découvre votre entreprise. Si vous faites attendre un candidat pendant une longue période, vous risquez fortement de le laisser filer. Veillez également à ce que les postes vacants ne le restent pas trop longtemps. Cela peut non seulement susciter des questions chez les candidats, mais aussi vous indiquer que vous devriez revoir le profil recherché. », souligne Joël Poilvache.

La rétention est aussi importante que l’embauche

Par ailleurs, outre le fait d’attirer du personnel, près de 85 % des employeurs sont également préoccupés par la rétention des employés à leur poste. Cela est dû en partie à la charge de travail élevée, à l’augmentation du taux de burn-out ou encore à la crainte que les chasseurs de têtes ne viennent débaucher les meilleures recrues.

« La dynamique actuelle sur le marché de l’emploi pousse par conséquent les entreprises à miser plus que jamais sur leur politique de rétention. C’est pourquoi elles cherchent à mieux répondre aux ambitions des travailleurs, à proposer des formations plus nombreuses et de meilleure qualité, ou à adapter le package salarial. », conclut Joël Poilvache.

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