Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
Nous sommes, dans notre profession, en campagne électorale. Et, hélas, je me rends compte que déjà « le combat remplace le débat ». Gagner par K.O. peut s’expliquer, mais cela abîme ce que nous avons de plus précieux : notre confraternité mutuelle.
Entre consœurs et confrères, nous ne sommes pas des boxeur.euse.s sur un ring. Nous sommes les artisan.e.s d’une profession qui ne tient debout que par la loyauté, la rigueur et le respect. Quand le ton monte, quand les réseaux sociaux s’enflamment, souvenons‑nous que ce qui fait grandir une communauté, ce n’est pas la violence des coups, mais la qualité des échanges.
On doit pouvoir s’engueuler calmement. » , titre le vif .Cette phrase nous va bien. Nous pouvons débattre fermement, contester un programme, questionner un bilan. Mais jamais mépriser une personne, salir une réputation, caricaturer un parcours. Un mot de trop peut laisser une trace plus durable qu’un contrôle qualité dévastateur
Nos collaborateur.trice.s, nos stagiaires nous regardent. Ils et elles observent comment nous nous parlons entre nous, comment nous gérons nos désaccords. Si la campagne se transforme en champ de bataille, quel message leur envoyons‑nous sur l’éthique et la dignité de notre métier ?
Nous le savons : la brutalisation des discours déborde toujours du cadre électoral. Une fois la porte ouverte aux attaques personnelles, il devient difficile de la refermer. La rancœur s’installe, les clivages se figent, la coopération se grippe. Et, au final, ce sont nos client.e.s, nos équipes, nos institutions qui en paient le prix.
« Ne vous demandez pas ce que votre pays peut faire pour vous… » rappelle le VIF . Transposons : ne nous demandons pas seulement ce que l’ITAA peut faire pour nous, mais aussi ce que nous pouvons faire, ensemble, pour la profession. Jouer fair‑play, c’est déjà une première réponse.
Alors, dans les semaines qui viennent, prenons un engagement simple : pas de coup bas, pas de K.O. recherché, pas de victoire amère. Prenons le temps d’écouter, de questionner, d’expliquer. De reconnaître, aussi, ce que d’autres ont accompli avant nous.
Nous ne gagnerons peut‑être pas tou.te.s les élections. Mais nous pouvons toutes et tous gagner en estime réciproque. Et offrir à celles et ceux qui nous rejoindront demain l’image d’un corps professionnel adulte, exigeant… et profondément confraternel.