
L’ouverture d’un contrôle en prix de transfert s’opère désormais très fréquemment au moyen du questionnaire standardisé en 32 questions, souvent complété par une réunion préparatoire avec la cellule « prix de transfert ».
Cette première étape ne vise pas encore des rectifications chiffrées. Elle poursuit un objectif d’intelligence fiscale préalable, consistant notamment à :
L’administration intervient de plus en plus souvent en équipe pluridisciplinaire, ce qui traduit une professionnalisation accrue de la phase préparatoire du contrôle.
Une fois la première photographie dressée, le périmètre de l’audit tend fréquemment à s’élargir au-delà des seuls prix de transfert.
On observe de plus en plus une coordination entre plusieurs spécialités fiscales :
Dans ce cadre, les thématiques suivantes sont régulièrement intégrées aux audits prix de transfert :
Il n’est plus rare que plusieurs entités belges d’un même groupe fassent l’objet d’un contrôle simultané, dans une logique de cohérence de groupe.
Ces contrôles s’inscrivent désormais dans des cycles longs, s’étalant fréquemment sur sept à dix-huit mois.
Ils sont de plus en plus :
Pourtant, leur portée stratégique demeure encore trop souvent sous-évaluée au niveau des directions financières et générales.
Or, un audit prix de transfert structuré peut rapidement devenir un levier de requalification globale du modèle fiscal du groupe en Belgique.
Dans ce contexte, une conformité purement formelle n’est plus suffisante.
Une défense efficace suppose une préparation structurelle et opérationnelle, reposant notamment sur :
Il est probable que les prochaines campagnes de contrôle intègrent progressivement une articulation entre les audits en prix de transfert et les mécanismes du Pilier Deux (imposition minimale mondiale).
Pour les groupes entrant dans le champ d’application de ce dispositif, la combinaison de ces deux axes de contrôle pourrait accroître significativement la pression fiscale et documentaire, et faciliter des approches coordonnées au niveau européen.
Le paysage du contrôle fiscal en matière de prix de transfert en Belgique connaît une évolution rapide et structurelle.
La question centrale n’est plus de savoir si les audits se renforcent, mais si les processus internes des groupes évoluent au même rythme.
Cette publication est une reproduction voire une traduction libre en français d'une publication que l'auteur a effectué sur les réseaux sociaux, sans intervention de ce dernier, mais avec son accord.