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Alors que le PTB galvanise les travailleurs, nous, nous prônons la PPT pour transformer nos cabinets

Chères consœurs, chers confrères,

Aujourd’hui, j’aimerais vous parler depuis un endroit que nous connaissons toutes et tous intimement : non pas une tribune, celle que tenaient le WE passé les formations politiques, dont le PTB, mais de ce lieu plus discret, plus rugueux, plus vrai : celui de notre travail réel. Celui qui se vit chaque jour dans nos cabinets, entre les dossiers TVA qui s’empilent, les clients qui n’en sortent pas avec la facturation électronique (voir article de l’ÉCHO en PDF), et toutes ces tensions qui nous éprouvent.

Nous savons optimiser, calculer, rationaliser. Mais le vrai management ne se limite pas à additionner des gains , à réduire des coûts, ou à s’adapter techniquement, Il commence lorsque nous cherchons à préserver la dimension et le sens du travail de chacun.e dans le cabinet.

Pour cela, une posture s’impose: l’humilité. L’humilité de renoncer au mythe du chef omniscient, à la figure du chef d’orchestre qui entend tout diriger, ou de l’homme-orchestre – ou femme-orchestre – qui prétend tout faire seul.e. L’humilité de reconnaître que l’autorité véritable ne se décrète pas: elle se tisse, patiemment, dans la capacité à faire émerger une coopération féconde entre salarié.e.s, collaborateur.trice.s, associé.e.s, stagiaires, bref, entre toutes celles et ceux qui donnent chair et sens au cabinet.

C’est dans cet esprit que je défends, avec conviction, la Parole Partagée sur le Travail – la PPT. Non pas un concept théorique, mais une pratique vivante: créer des espaces où le travail peut se dire, se questionner, se comprendre. Des moments où les équipes osent montrer leur intelligence, leur créativité, leurs doutes aussi, à visage découvert.

La PPT (La Parole Partagée sur le travail) ne se contente pas d’améliorer les échanges. Elle transforme. Elle élève.

Elle augmente les équipes, en leur rendant le sens de leur travail, en leur permettant de relier ce qu’elles font à ce qu’elles veulent faire. Et elle augmente le manager, non en pouvoir, mais en justesse, en justice, en humanité.

Alors oui, plus de PPT dans nos cabinets. Non comme un slogan, mais comme un déplacement profond du centre de gravité du management. Passer d’une communication descendante, qui simplifie le réel jusqu’à l’appauvrir, à une élaboration collective qui accueille la complexité, la conflictualité féconde, l’engagement vivant.

Chères consœurs, chers confrères, c’est cette espérance que je voulais déposer entre vos mains aujourd’hui. Une espérance simple, fraternelle, profondément ancrée dans notre responsabilité commune: faire de nos cabinets des lieux où l’on travaille, certes, mais où l’on grandit aussi. Ensemble.

Avec toute ma confiance en notre profession et en son avenir.

GK

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