
L’art. 49 CIR92 est clair : vous devez prouver la réalité, le montant et le caractère professionnel de la dépense, au moyen de documents probants (ou, à défaut, par tout autre moyen de preuve admis en droit commun, sauf serment). Mais quand la preuve documentaire est objectivement impossible à produire, la Cour de cassation a jugé (17.09.2020) que c’est alors à l’administration de prouver que le bénéfice déclaré est inexact. Le fardeau n’est pas à sens unique.
Un contrôleur ne peut refuser une dépense parce qu’il la juge “inutile” : le Commentaire administratif lui-même (Com. I.R. 49/15) l’interdit, et la jurisprudence le confirme. Il peut examiner si elle dépasse “de manière déraisonnable” les besoins professionnels (art. 53, 10° CIR92) — mais c’est alors à LUI de le démontrer, pas à vous.
En doctrine, le paiement en espèces d’une dépense professionnelle n’est pas en soi un motif de rejet automatique : il rend simplement la preuve de la réalité de la dépense plus difficile à établir. Rien dans l’art. 49 CIR92 n’impose un mode de paiement bancaire ou une carte de crédit comme condition de déductibilité. Cela dit — soyons clairs — payer en traçable reste la meilleure protection pour votre dossier.
Vos frais doivent se rattacher à la période imposable durant laquelle ils ont été payés, supportés, ou ont acquis un caractère certain et liquide (art. 49, al. 2 CIR92). Un rejet “hors délai” doit être vérifié à l’aune de ce texte précis — pas d’une intuition du contrôleur.
Ce n’est pas une exigence légale en soi, mais une règle de survie : reconstituer une preuve a posteriori, sous pression d’un contrôle, est dix fois plus difficile — et dix fois plus suspect aux yeux du vérificateur — que de l’avoir archivée le jour même.
Trop de rejets aujourd’hui reposent sur des raccourcis administratifs plutôt que sur le texte de loi. Le contribuable a des droits. Il est temps de les faire valoir — avec les bons arguments, pas avec de la bonne volonté.