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​Confessions d’un boomer: On a tout cramé

Je suis un "boomer", comme on qualifie désormais la génération de ceux qui sont nés entre 1945 et 1965. Cela a plus ou moins correspondu au reflux de l’influence de l’Église catholique, avec son fameux "croissez et multipliez" biblique et, plus prosaïquement, à la vente de la pilule contraceptive qui a remplacé l’hasardeuse méthode des températures d'Ogino.

Et je me dis souvent : quel monde laissons-nous à nos descendants ?

Nous avons certes connu des difficultés, nombreuses, mais nous avons aussi surfé sur la vague du néolibéralisme. Nous, comme nos parents, avons contribué à détruire la Terre.

Et comme si cela ne suffisait pas, nous entraînons — certes de manière indirecte et involontaire — nos descendants vers un contexte de guerre qui conduira inévitablement, à un moment, au rétablissement du service militaire, alors que nos gouvernants ne créent aucune adhésion à un patriotisme, c’est-à-dire à un projet de société, parce qu’il n’y en a aucun.

Mais ce n’est pas tout : ces mêmes gouvernants détruisent soigneusement le modèle social. Comment convaincre des jeunes d’y croire et d’y contribuer alors qu’ils ne seront concernés que dans 40 ans et qu’il n’en restera rien ?

Alors, de tout cela, je tire une intuition : parfois la jeunesse dit non.

Elle entre en rupture et certains en désertion/sédition.

Cette jeunesse devient individualiste car elle ne croit plus ce que les aînés lui racontent.

Bernanos avait bien dit : tous les 20 ans, la jeunesse pose aux vieillards une question à laquelle ils n’ont pas de réponse.

Et pour finir cette courte note, je me remémore les paroles de Maxime Le Forestier dans Les jours meilleurs : "J'entends grossir les ventres et fumer les cigares, ça fait la différence entre ancien adolescent et futur vieillard. J'entends grossir les flingues et fumer les mémoires, pendant qu'une bande de dingues, au fond d'leurs idées, peuvent arrêter l'histoire."

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