Et si notre voix changeait vraiment les choses ...
Temps de lecture: 3 min | 18 avr. 2026 à 04:00
Guy KAHN
Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
Chères consœurs, chers confrères,
Il y a des jours où une profession se regarde dans le miroir. Et ce miroir, aujourd’hui, n’est pas flatteur.
Les résultats qui résultent d’une enquête de satisfaction à l’égard de l’ITAA, dont nous n’avons pas eu l’occasion d’en faire certifier toute la rigueur scientifique ,dessinent pourtant une tendance lourde. Une insatisfaction profonde. Persistante. Presque silencieuse, mais bien réelle.
Près de deux tiers d’entre nous se déclarent insatisfait.e.s de l’ITAA. Et plus encore, beaucoup ne s’y reconnaissent plus. Ni dans ses priorités. Ni dans son rythme. Ni dans son langage.
Et pourtant… que faisons-nous de ce constat ? Nous nous taisons. Ou pire : nous nous absentons.
20 % de participation à l’assemblée générale en 2025
35 % lors des élections de 2023.
Ces chiffres ne sont pas une statistique. Ce sont des silences. Des chaises vides. Des voix retenues.
Nous connaissons tous les raisons. Nos cabinets nous happent. Nos journées débordent. Nos nuits raccourcissent. Dans nos esprits, « Bruxelles » et ses grandes tours décisionnelles nous paraissent loin de nos centres d’activités. Trop loin. Et parfois, disons-le sans détour, l’ITAA semble surtout proche… lorsqu’il s’agit de rappeler administrativement des obligations, certes légales, mais contraignantes.
Alors, certains murmurent. D’autres ironisent. Les mauvaises langues évoquent, à l’approche des élections les egos de certains et pour d’autres l’appât de jetons de présence. Et nous passons à autre chose.
Mais au fond, que laissons-nous filer ?
Un droit. Une influence. Une responsabilité.
Car ne pas voter, ce n’est pas rester neutre. C’est laisser d’autres décider pour nous. C’est accepter que notre quotidien professionnel , déjà si dense , se façonne sans nous.
Nous le savons bien : ce phénomène dépasse notre profession. Dans presque toutes les organisations professionnelles , une minorité agit, pendant que la majorité subit . C’est humain. C’est confortable. Mais est-ce encore acceptable ?
Nous sommes une profession de rigueur. D’engagement. De responsabilité. Nous accompagnons nos client.e.s dans leurs choix. Dans leurs risques. Dans leur avenir.
Et le nôtre ?
Ce jeudi 23 avril 2026 n’est pas un simple rendez-vous électoral. C’est une occasion rare. Une possibilité de dire : “Nous sommes là. Nous existons. Nous comptons.”
Voter ne résoudra pas tout. Mais ne pas voter ne résout rien.
Alors, sans naïveté. Sans illusion excessive. Mais avec lucidité et dignité : allons voter.
Pour peser.
Pour exprimer.
Pour espérer, aussi, car oui, il faut encore oser ce mot.
Notre profession mérite mieux que l’indifférence. Elle mérite notre présence.
Et parfois, un simple geste suffit pour remettre du mouvement dans ce qui semblait figé.