Président @ Experts-comptables sans frontières | Administrateur @ Forum For the Future
À quelques heures de l'échéance fiscale, attention à celles et ceux qui ne disent jamais non, travaillent sans pause et restent connectés jusque tard dans la nuit. Derrière cet engagement exemplaire peut se cacher un épuisement silencieux. Et nos dirigeants de cabinets ne sont pas épargnés !
Chères consœurs, chers confrères,
Nous voici dans l'ultime ligne droite fiscale. Les derniers dossiers, souvent les plus compliqués, les renseignements qui manquent toujours, les serveurs de l'administration qui nous jouent de bien mauvais tours…
Et dans nos cabinets, comment allons-nous, vraiment ?
Il est un paradoxe qui m’interpelle particulièrement : celles et ceux qui risquent le plus de s'épuiser sont parfois précisément celles et ceux qui semblent les plus solides, les plus disponibles, les plus engagés.
Ces femmes et ces hommes sur lesquels nous pouvons toujours compter. Celles qui disent toujours oui. Qui sautent leur pause de midi. Qui répondent aux mails à 23 heures. Qui ne veulent décevoir personne.
Cela ne vous rappelle personne ?
Dans nos cabinets à taille humaine et de proximité, nous connaissons bien ces comportements. Nous les admirons parfois. Nous les encourageons même, involontairement.
Mais derrière ce dévouement peut se cacher une fatigue profonde, que personne ne remarque… pas même l'intéressé.e.
Et nous, personnellement, dans tout cela ?
Qui s'inquiète de celle ou celui qui porte les responsabilités, rassure les clients, soutient ses collaborateurs et trouve toujours une solution ?
Qui lui demande simplement : « Et toi, comment vas-tu ? »
Nous avons appris ( ?) à détecter les difficultés de nos clients. Peut-être devrions-nous apprendre à reconnaître aussi nos propres limites.
Bien sûr, en pleine période fiscale, personne ne va abandonner ses dossiers pour partir méditer au sommet de l'Himalaya !
Mais nous pouvons encore nous autoriser une pause, accepter qu'une journée ait une fin et surtout cesser de considérer l'épuisement comme une preuve de conscience professionnelle.
Lorsque cette période éprouvante sera enfin derrière nous, il faudra en tirer les leçons. Car notre profession a besoin de compétences, certes, mais surtout de femmes et d'hommes qui puissent continuer à l'exercer avec plaisir.
Et si notre plus belle réussite, au terme de ce marathon fiscal, était de pouvoir dire : « Nous avons tenu bon… sans nous être oublié.e.s »