
Le " job apocalypse " , oui ou non , dans nos cabinets ?
Le dossier de dix pages que consacre Le Vif de ce 4 juin 2026 à la question « Le job apocalypse, un discours commercial » méritait que nous nous y arrêtions.
Nos cabinets ne sont pas des plateformes numériques. Ils sont des lieux de confiance, de proximité, d'humanité. Ce que nos collaboratrices et collaborateurs offrent chaque jour , l'écoute, le jugement, la relation, aucun algorithme ne l'imite vraiment. Les économistes sérieux le confirment : l'IA transforme davantage les tâches qu'elle ne supprime les emplois. Elle absorbe le répétitif, le codifiable, le mécanique. Elle libère du temps. Mais elle exige, en retour, davantage de compétences, de sens critique, de présence humaine.
Dans nos cabinets à taille humaine, ce mouvement est déjà à l’œuvre, souvent sans qu'on le nomme. Une assistante qui vérifie, corrige, supervise les sorties d'un outil IA n'est plus simple opératrice : elle est garante de la qualité. Un collaborateur qui interprète, conseille, accompagne un chef d'entreprise en difficulté n'est pas remplaçable par un chatbot.
Une étude du Boston Consulting Group publiée en mars 2026 pointe un risque réel : la fatigue cognitive liée à la supervision permanente des outils IA. Nos consœurs et confrères méritent un cadre, une formation, un accompagnement, pas une adoption précipitée sous pression commerciale.
Car voilà le vrai piège : les discours apocalyptiques servent d'abord ceux qui ont quelque chose à vendre. Nos décisions, elles, doivent servir nos équipes. Alors oui, intégrons l'IA avec discernement. Pas par peur. Par responsabilité. Notre valeur, c'est la confiance que nos client·es nous accordent. Aucune machine ne signe avec le cœur.
Experts-comptables sans frontières.be, « La passion du cœur