
Les différences régionales restent particulièrement marquées. En Région flamande, 15,23 % des travailleurs sous contrat à durée indéterminée ont perçu une indemnité vélo en 2025, soit plus d'un sur sept. À Bruxelles, cette part plafonnait à 4,17 %, tandis qu'elle s'élevait à seulement 2,24 % en Wallonie, soit à peine plus d'un travailleur sur cinquante. La proportion de bénéficiaires est ainsi près de sept fois plus élevée en Flandre qu'en Wallonie. Au premier trimestre 2026, cette avance se maintient : la Flandre atteint 13,65 %, contre 4,47 % à Bruxelles et 1,89 % en Wallonie.
« Si la Flandre devance ainsi le reste du pays, cela s'explique par une combinaison d'infrastructures cyclables développées, de distances domicile-travail plus courtes et d'une culture du vélo plus profondément ancrée », explique Yves Stox. « Le sud du pays dispose encore d'une importante marge de progression sur ce plan, ce qui représente également une opportunité pour les employeurs souhaitant se démarquer. »
La taille de l'entreprise joue un rôle non négligeable. Dans les plus grandes entreprises (250 travailleurs et plus), 9,24 % du personnel a perçu une indemnité vélo en 2025, contre à peine 5,41 % dans les micro-entreprises de moins de dix travailleurs, soit un écart de près de moitié. Les entreprises de 50 à 249 travailleurs quant à elles obtiennent aussi un bon score, à 7,66 %. Début 2026, le schéma se maintient : 8,46 % chez les plus grands employeurs contre 5,04 % dans les micro-entreprises. « Les grands employeurs disposent plus souvent d'une politique de mobilité élaborée et de la capacité administrative nécessaire pour proposer une telle indemnité », précise Yves Stox. « Pour les plus petites entreprises, le seuil reste plus élevé, alors même qu'elles disposent encore d'un important potentiel de développement. »
Alors que de nombreux indicateurs du marché du travail mettent en évidence des différences entre hommes et femmes, celles-ci sont ici quasiment inexistantes. En 2025, 8,05 % des femmes ont perçu une indemnité vélo, contre 7,91 % des hommes. Cette égalité se poursuit en 2026, avec 7,28 % chez les femmes et 7,18 % chez les hommes. « Le vélo ne connaît pas de genre lorsqu'il s'agit des déplacements domicile-travail », indique Yves Stox. « C'est un constat rafraîchissant dans un marché du travail où les différences entre hommes et femmes sont souvent plus marquées. »
Un coup d'œil aux commissions paritaires montre que les secteurs des soins de santé figurent parmi les plus adeptes du vélo. En tête du classement figure la CP 330.01 (hôpitaux et maisons de soins psychiatriques), où pas moins de 20,74 % des travailleurs ont perçu une indemnité vélo en 2025. Cela représente plus d'un travailleur sur cinq. Au premier trimestre 2026, ce taux s'élevait encore à 17,87 %. L'industrie chimique (CP 116.00), les entreprises agréées de travaux ou services de proximité (CP 322.01), les pharmacies et offices de tarification (CP 313.00) ainsi que les employés du commerce international, du transport et de la logistique (CP 226.00) comptent également parmi les secteurs où le vélo est le plus ancré dans les habitudes.
Les différences entre catégories d'âge restent relativement limitées, à une exception près. Les plus de 60 ans demeurent nettement en retrait : en 2025, 5,73 % d'entre eux ont perçu une indemnité vélo, contre 9,26 % chez les travailleurs âgés de 30 à 34 ans, la tranche d'âge la plus cycliste. Début 2026, le même constat se dessine, avec 5,32 % chez les plus de soixante ans contre 7,95 % chez les trentenaires.
« Que les travailleurs plus âgés optent moins souvent pour le vélo n'est pas surprenant en soi. Il subsiste néanmoins ici aussi un potentiel de croissance, notamment grâce à l'essor du vélo électrique », observe Yves Stox.
Une dernière nuance s'impose concernant les chiffres légèrement plus faibles observés en 2026. « Il s'agit principalement d'un effet saisonnier », tempère Yves Stox. « Les chiffres de 2026 ne couvrent que les trois premiers mois, les plus froids de l'année. Plus le temps est chaud, plus les gens prennent leur vélo. Nous nous attendons à un nouveau pic d'ici cet été. »