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Travailler depuis l’étranger ? Une PME sur cinq y est favorable: 23 % ont déjà établi des règles claires concernant le « workation »

Une PME belge sur cinq (19 %) est disposée à autoriser ses collaborateurs à travailler temporairement depuis l’étranger, concept appelé « workation », en anglais. Le phénomène reste toutefois encore limité : moins d’une PME sur dix (9 %) a déjà reçu une demande concrète en ce sens de la part de ses travailleurs.

Le principal frein ne semble pas être un manque d’ouverture, mais plutôt les incertitudes juridiques et pratiques qui accompagnent cette forme de travail.

Fait notable : près d’une PME sur quatre (23 %) a déjà mis en place un cadre formel pour encadrer le travail depuis l’étranger. Les PME bruxelloises sont particulièrement en avance dans ce domaine. C’est ce qui ressort de la dernière enquête trimestrielle de SD Worx, menée en juin 2026 auprès de 448 PME belges.

Les PME belges se montrent prudentes, sans pour autant rejeter le travail temporaire depuis l’étranger. Une sur cinq (19 %) y est favorable, tandis que deux tiers (66 %) indiquent ne pas y être favorables à l’heure actuelle.

Une PME sur trois anticipe en effet des difficultés liées à la fiscalité, à la sécurité sociale, aux assurances et à des aspects pratiques tels que les horaires de travail, notamment en cas de décalage horaire.

Les PME bruxelloises ouvrent clairement la voie

Les différences régionales sont significatives. Les PME bruxelloises sont les plus favorables au travail temporaire depuis l’étranger : près de la moitié (44 %) se disent ouvertes à cette possibilité, contre 18 % en Flandre et 11 % en Wallonie.

Les travailleurs bruxellois semblent également plus nombreux à en faire la demande. Ainsi, 22 % des PME bruxelloises ont déjà reçu des demandes en ce sens, contre 7 % en Flandre et en Wallonie.

Les PME bruxelloises disposent par ailleurs plus souvent d’un cadre formel. Alors qu’en moyenne 23 % des PME belges ont défini des règles en la matière, cette proportion atteint 38 % à Bruxelles, contre 24 % en Flandre et 15 % en Wallonie.

Il est également intéressant de constater que les PME bruxelloises sont moins nombreuses à anticiper des obstacles juridiques ou pratiques (28 %). En Wallonie, les préoccupations sont plus marquées : 39 % des PME s’attendent à rencontrer des difficultés, tandis que seules 11 % sont disposées à autoriser le travail depuis l’étranger.

Une demande surtout présente dans les secteurs où le télétravail est bien implanté

Les demandes de travail depuis l’étranger sont les plus fréquentes dans les secteurs où le télétravail fait déjà partie intégrante de l’organisation du travail :

Dans le secteur des TIC et des logiciels, plus de la moitié des PME (52 %) se montrent favorables au travail temporaire depuis l’étranger, tandis que seules 18 % y sont opposées. Parallèlement, 22 % anticipent des difficultés pratiques ou juridiques. Près d’une PME sur trois du secteur (31 %) a déjà défini un cadre en la matière.

Les entreprises actives dans la consultance, le marketing et l’intérim se montrent également relativement favorables : 41 % des PME de ces se disent favorables ou envisagent d’autoriser le travail depuis l’étranger. Dans le même temps, 35 % y voient des obstacles pratiques ou juridiques. Plus d’une sur quatre (26 %) a déjà mis en place un cadre formel.

Parmi les professions libérales, 17 % des PME ont déjà reçu des demandes de travailleurs. Les employeurs restent toutefois plus réservés : un sur quatre (25 %) se dit ouvert à cette possibilité. Près de la moitié (46 %) s’attend à rencontrer des difficultés pratiques ou juridiques, tandis qu’une PME sur cinq (21 %) dispose déjà d’un cadre formel.

Même dans les secteurs où le télétravail est moins répandu, des règles claires commencent progressivement à voir le jour. Environ un quart des PME actives dans la construction et les infrastructures ainsi que dans l’industrie et la production disposent ainsi d’un cadre formel. Dans le secteur des arts et des loisirs, cette proportion atteint même 49 %, bien que les demandes des travailleurs y soient moins fréquentes.

Travailler depuis l’étranger ne signifie pas prendre un jour de congé supplémentaire

  • TIC et logiciels : 32 % des PME ont déjà reçu des demandes de travailleurs ;
  • Conseil, marketing et agences d’intérim : 22 % ;
  • Professions libérales : 17 %.


De nombreux employeurs ne refusent pas d’emblée le travail depuis l’étranger, mais ils souhaitent savoir précisément à quoi s’en tenir. Dès qu’un collaborateur travaille temporairement depuis un autre pays, des questions se posent immédiatement en matière de fiscalité, de sécurité sociale, d’assurances et de droit du travail. Pour une PME qui ne dispose pas d’un cadre clair, la situation peut rapidement devenir complexe. Nous constatons parallèlement que les organisations ayant une grande expérience du télétravail franchissent plus souvent le pas. Des règles claires définies au préalable font toute la différence. Qui peut en bénéficier, pour quelle durée, depuis quels pays et sous quelles conditions ? Plus les accords sont précis, plus les risques sont limités, tant pour l’employeur que pour le travailleur.


Laura Bertrand - Consultante PME SD Worx

Les conseils pratiques de SD Worx

Les PME qui souhaitent permettre à leurs collaborateurs de travailler temporairement depuis l’étranger ont tout intérêt à tenir compte des éléments suivants :

  • Établissez des règles claires au préalable. Déterminez quels travailleurs et quelles fonctions sont concernés, pour quelle durée et depuis quels pays le travail temporaire est autorisé.
  • Vérifiez les conséquences juridiques et fiscales. Le télétravail depuis l’étranger peut avoir des répercussions en matière de sécurité sociale, de fiscalité, de droit du travail et d’assurances.
  • Veillez à l’accessibilité et à la collaboration. Définissez les plages horaires pendant lesquelles les travailleurs doivent être joignables, la manière dont les équipes collaborent et les modalités de suivi par les responsables.
  • Prévoyez un cadre formel. Une politique spécifique ou un avenant au contrat de travail permet de garantir des règles transparentes et cohérentes.
  • Instaurez une procédure d’autorisation préalable. Demandez aux travailleurs d’introduire leur demande avant leur départ afin d’en évaluer la faisabilité pratique et juridique.
À propos de l’enquête internationale auprès des travailleurs

Dans le cadre des prévisions trimestrielles de l’emploi de SD Worx, un échantillon représentatif de PME belges a été interrogé pour la 65e fois sur ses perspectives en matière d’emploi. Au total, 448 entreprises comptant de 1 à 250 travailleurs ont participé à l’enquête entre le 2 et le 22 juin 2026. Les répondants sont principalement des dirigeants d’entreprise (63 %) ou des responsables des ressources humaines (15 %), tandis que 15 % sont des collaborateurs administratifs ou des assistants de direction.

Il s’agit d’une enquête en ligne menée auprès des PME belges sur la base d’un échantillon représentatif. Le bureau d’études DataD.be contacte les répondants par e-mail. L’étude est répétée chaque trimestre. Les résultats sont pondérés selon la région et la taille de l’organisation, en fonction de la répartition réelle des PME belges, et sont représentatifs de l’ensemble des PME en Belgique. Les coefficients de pondération ne dépassent jamais 3 et restent même inférieurs à 2 pour la Flandre. Pour l’échantillon total de 448 PME, la marge d’erreur s’élève à 4,63 %, avec un intervalle de confiance de 95 %.

A propos de SD Worx

Pour SD Worx, le succès repose avant tout sur les personnes. Des collaborateurs engagés ne sont pas seulement le moteur de la croissance de l’entreprise, ils contribuent aussi à la société. En collaboration avec ses clients, SD Worx conçoit des solutions RH efficaces qui améliorent le travail, la qualité de vie et l’impact sociétal.

En tant que partenaire européen de référence pour les solutions RH adaptées à toutes les organisations et à tous les travailleurs, SD Worx propose des solutions logicielles, des services et une expertise en gestion de la paie, de la rémunération, du capital humain et des ressources humaines. Fortement implanté à travers l’Europe, SD Worx accompagne depuis plus de 80 ans des entreprises de toutes tailles pour renforcer l’engagement des travailleurs et assurer leur succès.

En Europe, environ 105 000 organisations, de toutes tailles, font confiance à SD Worx. L’entreprise compte 10 000 collaborateurs répartis dans 27 pays. Chaque mois, SD Worx gère la paie d’environ 6 millions de travailleurs et fait partie des cinq leaders mondiaux du secteur. En 2025, son chiffre d’affaires s’élevait à 1,307 milliard euros.

Plus d’informations sur www.sdworx.com / Suivez-nous sur LinkedIn

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