
La question fondamentale que je me pose sans cesse est la suivante : comment s’assurer que l’on appréhende correctement la capacité contributive de chacun, c’est-à-dire sa faculté de participer au financement des charges de l’État en fonction de ses revenus réels et pluriels, tout en préservant les personnes les moins favorisées ?
Cette recherche est extrêmement complexe, et sans doute toujours inaboutie, car chacun possède sa propre conception de la justice fiscale. Elle est d’autant plus délicate que l’impôt finance près de la moitié des prestations sociales, parmi lesquelles les pensions et les soins de santé occupent une place prépondérante.
L’échec de tous les gouvernements depuis quarante ans est d’avoir bricolé la fiscalité à la marge, sans jamais aborder ces questions dans le cadre d’une véritable réflexion de fond. Un tel exercice exige plusieurs années de travail, de concertation et d’arbitrages. Il doit surtout susciter l’adhésion d’une population autour d’un projet de société.
Car, comme je le rappelle souvent, l’impôt, ce n’est ni TikTok ni Instagram. C’est la charte qu’une nation signe avec elle-même, mais aussi avec celles et ceux qui ne sont pas encore nés. Ces générations devront contribuer à leur tour, tout en bénéficiant des biens publics que leurs prédécesseurs auront construits : les infrastructures médicales, les services publics, les établissements d’enseignement, les réseaux de transport, etc.
C’est cela, gouverner un pays : dépasser l’immédiateté pour inscrire les choix collectifs dans le temps long.
À plus court terme, je prendrais trois mesures, dans l’ordre suivant :