​Renationalisation de l’économie américaine: le projet politique de Trump qui défie la bourse

Depuis quelques mois, et contrairement à l’âge d’or des États-Unis promis par Donald Trump, des capitaux américains fuient vers d’autres cieux, et la bourse s’effrite. Je me risque à une intuition qui dépasse le simple cadre des ajustements boursiers techniques.

Dans les années quatre-vingt, le capitalisme a cédé la place à l’économie de marché. Il s’agit d’un système où les prix et les échanges sont régulés par l’offre et la demande sur des marchés libres, avec une intervention minimale de l’État, privilégiant l’efficacité et la concurrence ; cela diffère du capitalisme classique, qui mettait davantage l’accent sur l’accumulation de capital par des acteurs privés, souvent soutenus par des structures étatiques ou monopolistiques. Cette dernière repose sur une fluidité parfaite des capitaux et des hommes, des coûts de transaction réduits, et, en somme, des « coûts de friction» minimisés ; elle promet ainsi une efficience des marchés, que j’interprète comme une forme d’omniscience, permettant à la bourse de déployer toute sa valeur. Les marchés, forts de cette capacité prédictive quasi métaphysique, dominent alors les choix politiques et l’allocation des ressources, au point qu’on ne parle plus d’économie sans invoquer leur suprématie incontestable.

Or, aujourd’hui, le politique interfère avec les marchés, et les barrières douanières de Donald Trump en sont l’illustration parfaite. Ces frictions pénalisent les capitaux, peut-être au profit de l’emploi qualifié américain que Trump cherche à favoriser. Il est donc possible que Donald Trump, paradoxalement, devienne un facteur de soustraction de la valeur de l’économie de marché en la renationalisant partiellement. Les marchés boursiers sont donc affectés d’une « décote » politique.

Le projet de Donald Trump est politique, pas boursier. Et cette réalité, il faut bien l’intégrer.

Mots clés

Articles recommandés

Cumuler plusieurs emplois salariés: à quoi faut-il être attentif ?

Deux tiers des PME sont prêtes concernant le plan de formation obligatoire avant la date butoir

On ne s’ennuie jamais avec la Bourse: voilà pourquoi cela bouge tant!