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Trump donne raison aux environnementalistes

Quel paradoxe ! Avec l’Iran, Trump donne une raison de plus de sortir des énergies fossiles !

S’il est des exceptions, comme en Angleterre ou en Allemagne, les partis écologistes ont à affronter de forts vents de face et il en va de même des ambitions environnementales, au niveau de l’Union européenne comme des pays membres. Ni l’emploi, ni le pouvoir d’achat des citoyens européens ne s’accommoderaient de règles plus strictes ou de taxes plus élevées telles que le demande la nécessaire transition. Pire, en s’imposant un agenda vert plus ambitieux que le reste du monde, nous, Européens, concourrions à affaiblir nos entreprises au profit d’autres, qui, elles, n’auraient aucune considération de soutenabilité, de telle sorte que, au final, la dégradation de la nature serait encore plus marquée.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, avec le retour de Donald Trump à la Maison Blanche, c’est à la recommandation contraire qu’arrive l’économiste. Certes, avec un « drill, baby, drill » et un assouplissement des règles environnementales, tant pour les entreprises que pour le secteur financier, on pourrait penser que l’Europe sera obligée de s’aligner et de participer à cette « course au moins disant » (« race to the bottom »). En rester là serait une erreur, car la politique de Trump invite, au contraire, à accélérer la transition, et cela en particulier à deux égards, celui du commerce international et celui des énergies fossiles. En fait, Trump donne raison aux critiques de la globalisation et de la dépendance au gaz et au pétrole.


Commerce international

S’il est un enseignement majeur de la politique de Trump, c’est que nous nous devons de nous rendre moins dépendants du reste du monde. Montesquieu a vanté les vertus du « doux commerce », du genre « faites des affaires, pas la guerre », certains ont parlé de « mondialisation heureuse », mais, outre le coût écologique du commerce sur longue distance et de productions à faibles standards sociaux et environnementaux et outre l’inégalité des gains liés à l’ouverture des frontières, il y a aujourd’hui une prise de conscience d’un autre grave défaut de la mondialisation comme nous l’avons faite, à savoir qu’elle nous a fragilisés.

Qu’il s’agisse de défense, de sécurité, d’énergie, de technologie, de finance ou de santé publique, nous nous devons d’enfin intégrer dans le calcul économique le coût de notre dépendance à des pays ou à des routes commerciales. S’hyper-spécialiser dans un secteur ou se fournir exclusivement auprès de telle entreprise ou de tel contrée se comprend en termes d’efficacité mais est contraire à notre robustesse. Si la résilience a au début été portée par des voix « hétérodoxes », ce sont Olivier Blanchard, ex-économiste en chef du FMI, Pascal Lamy, ex-patron de l’Organisation Mondiale du Commerce (OMC) et d’autres qui en font désormais, à bon droit, un thème central.[1]


Energie fossile

Avec la guerre menée à l’Iran, D. Trump offre une autre raison pour accélérer notre autonomisation par rapport aux énergies fossiles et, incidemment, montre une seconde fois que les environnementalistes ont été des précurseurs. Pourquoi la Chine moins riche que nous est-elle en avance dans différentes technologies, dont les voitures automobiles, permettant de sortir de l’énergie fossile ? Il y a lieu de penser que la considération environnementale se double chez eux – qui, comme nous, sont importateurs de cette énergie – d’une volonté d’autonomie et, peut-être, de leadership dans des activités d’avenir.

Avec notre dépendance au fossile, nous nous exposons à un emballement des prix, avec les dégâts sociaux, économiques et budgétaires qui en résultent, et c’est encore plus d’argent qui quitte l’Europe pour financer le reste du monde, dont des pays qui ne nous veulent pas du bien.

Hier, la préoccupation environnementale relevait déjà non seulement de l’éthique mais aussi de l’intérêt économique. Aujourd’hui, robustesse et sécurité rendent cet intérêt encore plus patent. En jetant de l’huile ( ! ) sur le feu, « le pétroleur » de la Maison Blanche apporte de l’eau au moulin de la sortie de l’énergie fossile !


[1] Olivier Blanchard, Pascal Lamy, Enrico Letta et Beatrice Weder di Mauro, Projet 2050 : manifeste pour une Europe qui se réveille, Le Grand Continent, 16 mars 2026.

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