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2026: L'Europe au bord d'une mort cérébrale?

Si l’année 2026 n’est pas celle du sursaut européen, l’Union européenne sera en état de mort cérébrale. Depuis plusieurs années, la reconfiguration du monde en empires s’impose.


Les puissances dominantes ne s’opposent jamais directement, mais le font au travers de subtils jeux d’alliance. Dans ce théâtre d’opérations mouvant, les États-Unis vont imposer leur domination sur les deux continents américains, et l’opération vénézuélienne en donne l’intuition. La Chine amplifie sa zone d’influence, et le réarmement japonais, coréen et taïwanais est l’illustration de la réalité du danger, tandis que la Russie mène et amplifiera une expansion coloniale, rappelant ce que Brejnev exigeait, à savoir que les territoires libérés par l’armée rouge durant la Seconde Guerre mondiale soient sous l’emprise de Moscou.

L’Afrique sera l’objet de toutes les influences, mais les anciennes colonies européennes sont légitimement rejetées, comme c’est le cas de l’Afrique du Nord pour la France, dont l’échec de l’opération Barkhane, qui l’a conduite à intervenir au Mali, au Burkina Faso et au Niger, est abyssal.

Et nous voilà devant l’Europe qui, comme Stefan Zweig l’avait magnifiquement écrit en 1936, n’a pas pénétré dans l’humus des peuples et était, selon lui, une simple construction intellectuelle. Cette Europe, qui fut l’un des berceaux de la civilisation, est haïe par le reste du monde, tant par la revanche coloniale que par son modèle humaniste, issu des Lumières, que tant veulent désormais éteindre.

Nous étions un continent scandaleusement colonisateur, nous sommes colonisés économiquement et militairement, avec des dissensions sociales qui couvent sous la braise et qui découlent du fait que notre prospérité était indue.

Oui, je le dis : indue, car entraînée par la mondialisation, c’est-à-dire une colonisation économique de pays qui durent faire une mutation politique rapide, se mettant eux-mêmes en vulnérabilité, dont nous avons profité.

Aujourd’hui, les sources de notre prospérité sont devenues dominantes, et nous n’acceptons pas que nous n’ayons pas créé suffisamment de richesses de manière autonome. Nous avons profité de l’innovation étrangère, dans tous les domaines, mais en devenant dépendants.

Il y a vraiment urgence que la Commission porte un projet fédérateur et d’innovation, mais, au fond de moi, je crois que c’est trop tard et que l’Europe devra migrer vers un modèle confédéral, pour respecter les souverainismes qui achèveront sa dislocation, mais nous forceront peut-être à un élan démocratique qui restaure la volonté de peuples européens très différents, mais qui veulent vivre en paix.​

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