
Après 613 jours de crise politique, la Région de Bruxelles-Capitale s’est dotée d’un gouvernement.
La rapidité du conclave final et la conclusion d’un accord en trois jours traduisent l’urgence politique et financière qui entourait la formation de l’exécutif régional.
À la lecture de la Déclaration de politique régionale, un constat s’impose d’emblée : la fiscalité n’occupe pas une place centrale dans l’architecture du programme gouvernemental.
Ce choix constitue, en soi, un signal politique fort, dans un contexte où les ajustements budgétaires ont historiquement souvent emprunté la voie fiscale.
L’objectif structurant de la législature est clairement identifié : un retour à l’équilibre budgétaire à l’horizon 2029.
Pour atteindre cette trajectoire, l’accord de gouvernement privilégie avant tout des leviers de maîtrise structurelle des dépenses publiques, parmi lesquels figurent notamment :
Le message est explicite : le redressement budgétaire doit d’abord résulter d’un effort de maîtrise des dépenses, et non d’un recours prioritaire à l’augmentation de la pression fiscale.
Dans le paysage budgétaire belge, marqué par une tradition d’ajustements par la fiscalité, cette orientation mérite d’être soulignée.
Sur le terrain strictement fiscal, les annonces sont limitées et ciblées.
Aucune réforme d’ampleur ni création de nouvelle taxe régionale structurante n’est annoncée.
Les principales mesures évoquées relèvent davantage de l’ajustement ciblé que de la refonte du cadre fiscal régional :
Il convient de relever l’absence de durcissement fiscal significatif.
Dans le contexte bruxellois actuel, cette retenue fiscale constitue presque une exception politique.
Les négociations gouvernementales ont été dominées par trois dossiers centraux : le budget régional, la situation financière de Vivaqua et la politique du logement.
La question de la capacité d’emprunt de la Région s’est rapidement imposée comme un facteur déterminant de l’urgence politique.
La formation rapide d’un gouvernement constituait une condition de maintien de la crédibilité financière de Bruxelles vis-à-vis de ses partenaires institutionnels et de ses créanciers.
À ce stade, l’enjeu dépasse le débat idéologique : la problématique est devenue fondamentalement financière et budgétaire.
L’objectif d’équilibre budgétaire à l’horizon 2029 reste particulièrement ambitieux au regard des contraintes structurelles de la Région :
Dans ce contexte, le fait que la trajectoire budgétaire ne repose pas principalement sur un réflexe d’augmentation d’impôts mérite d’être reconnu comme un choix politique distinctif, même si sa soutenabilité opérationnelle devra être démontrée dans l’exécution.
La formation du nouveau gouvernement bruxellois s’inscrit dans un contexte de forte tension budgétaire et de contrainte de crédibilité financière.
Le cap affiché – retour à l’équilibre par la discipline des dépenses plutôt que par la fiscalité – constitue un signal politique important.
La réussite de cette trajectoire dépendra toutefois de la capacité du gouvernement à traduire ces orientations en réformes structurelles effectives, dans un environnement institutionnel, social et budgétaire particulièrement contraint.
L’enjeu dépasse la seule Région de Bruxelles-Capitale : la soutenabilité financière de Bruxelles constitue un élément clé de l’équilibre budgétaire de l’ensemble du pays.