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Les flexi-jobs en principe possibles pour tous les secteurs dès juillet: une croissance rapide, mais très variable selon les secteurs

La part des heures prestées en flexi-job a triplé en trois ans, alors que l’évolution des contrats à durée déterminée et des contrats à durée indéterminée diffère fortement d’un secteur à l’autre

Bruxelles, le 30 juin 2026 – À partir du 1ᵉʳ juillet 2026, les contrats flexi-jobs s’étendent en principe à tous les secteurs en Belgique. Cette extension, annoncée depuis plusieurs mois, intervient alors que la part du travail flexible sur le marché de l'emploi augmente déjà nettement.

De nouveaux chiffres de Partena Professional montrent que la part des heures prestées en flexi-job a triplé en trois ans pour atteindre 0,85 % de l’ensemble des heures prestées en 2025. Globalement, la part des heures prestées dans le cadre de contrats de travail à durée indéterminée reste relativement stable, mais dans les secteurs où les flexi-jobs sont déjà instaurés, les évolutions divergent fortement.

Deux secteurs se distinguent par l’importance de la place que les flexi-jobs y occupent : le secteur des pompes funèbres et le transport de personnes par autocars, où la part des heures prestées en flexi-job dépasse désormais les 20 %, et où les dynamiques contractuelles évoluent de manière sensiblement différente.

Trois fois plus d’heures prestées en flexi-job avant même la nouvelle extension

La part des heures prestées en flexi-job dans le volume total des prestations a progressé de manière constante : de 0,27 % en 2023 à 0,45 % en 2024, puis 0,85 % en 2025. Soit plus qu'un triplement en trois ans. Au premier trimestre 2026, cette part reste stable à 0,85 %, et ce avant l’entrée en vigueur, le 1er juillet, de la nouvelle extension du régime des flexi-jobs, désormais en principe ouverte à tous les secteurs.

Dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée, la part des heures prestées augmente également : de 4,92 % en 2023 à 6,59 % en 2024, puis 7,56 % en 2025. Au premier trimestre 2026, cette part progresse encore pour atteindre 7,76 %.

Au cours de la même période, la part des heures prestées dans le cadre de contrats de travail à durée indéterminée diminue proportionnellement : de 91,88 % en 2023 à 89,82 % en 2025, puis à 88,45 % au premier trimestre 2026, soit une baisse d'environ trois points de pourcentage en trois ans.

Le secteur des pompes funèbres face au transport de personnes : les flexi-jobs ne s'accompagnent pas partout des mêmes évolutions

Derrière ces chiffres globaux se cachent de nettes différences sectorielles. Pour comprendre cette dynamique, il est intéressant de se pencher sur les secteurs où les flexi-jobs occupent déjà une place particulièrement importante. C’est le cas tant dans les entreprises de pompes funèbres que dans le transport de personnes par autocars. Dans ces deux secteurs, près d'un quart du temps de travail est presté via des flexi-jobs : 23,24 % dans les entreprises de pompes funèbres (CP 320) et 22,50 % dans le transport par autocars (CP 140.01).

Pourtant, ces deux secteurs évoluent selon un schéma différent. Dans le secteur des pompes funèbres, la part des heures prestées en flexi-job augmente fortement, tandis que le pourcentage d'heures prestées dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée recule.

Dans le transport de personnes par autocars, en revanche, les heures prestées en flexi-job et celles effectuées sous contrat de travail à durée déterminée augmentent simultanément, tandis que la part des contrats de travail à durée indéterminée, elle, recule fortement.

« Ces chiffres ne doivent pas être interprétés comme une preuve de substitution d’emplois. Ils ne portent en effet pas sur le volume total d’heures travaillées dans le secteur. Grâce à un vivier de ressources flexibles mobilisables, il est possible de recourir à du personnel supplémentaire qui, autrement, n’aurait pas été mobilisé. Ainsi, une part plus faible d’heures travaillées en CDI peut s’accompagner d’un niveau d’emploi en CDI au moins équivalent, en nombre de personnes ou d’heures, à celui qui aurait existé sans les possibilités supplémentaires offertes par le travail flexi », déclare l'expert du marché du travail Stijn Baert, qui a examiné les chiffres de Partena Professional.

Secteur des pompes funèbres (CP 320)

Dans le secteur des pompes funèbres, près d’un quart des heures prestées le sont désormais via des flexi-jobs. Cette part est passée de 11,38 % en 2024 à 23,24 % au premier trimestre 2026. Parallèlement, la part des heures prestées dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée a diminué, passant de 27,04 % en 2023 à 10,04 % en 2025, puis à 9,81 % au premier trimestre 2026. La part des heures prestées dans le cadre de contrats de travail à durée indéterminée a également reculé, de 72,36 % en 2024 à 68,25 % en 2025, puis à 65,97 % au premier trimestre 2026. Les flexi-jobs y sont possibles depuis 2024.

Transport de personnes par autocars (CP 140.01)

Dans le transport par autocars, la part des heures prestées en flexi-jobs est passée de 14,92 % en 2024 à 22,51 % puis à 22,50 % au premier trimestre 2026 . La part des heures prestées dans le cadre de contrats à durée déterminée a augmenté, de 24,18 % en 2023 à 40,82 % en 2024, puis à 36,96 % en 2025, tandis que la part des heures restées dans le cadre de contrats à durée indéterminée a fortement chuté, de 75,47 % en 2023 à 40,50 % en 2025. Depuis 2024, les entreprises de ce secteur peuvent affecter chauffeurs et personnel de garage via des flexi-jobs.

Horeca : les différents statuts se complètent au fil des saisons

Dans l'horeca (CP 302), la situation est différente de celle observée dans les secteurs où les flexi-jobs se sont fortement développés. La part des heures prestées en flexi-job est passée de 1,9 % en 2023 à environ 5,5 % au premier trimestre 2026. Parallèlement, la part des heures prestées via des contrats de travail à durée indéterminée a progressivement diminué, passant de 75,20 % en 2023 à 69,69 % en 2026, tandis que la part des contrats à durée déterminée est restée relativement stable.

Le travail étudiant demeure un pilier important dans l'horeca, avec les pics classiques en juillet et en août. Après l'été, la part des heures dans le cadre de contrats de travail à durée déterminée augmente, tandis que les flexi-jobs sont répartis de manière beaucoup plus régulière sur l'année. Les différentes formes d'occupation suivent donc chacune leur propre rythme dans la planification du personnel.

« Les différents statuts ont chacun leur place. Pour les employeurs, l'enjeu consiste à mobiliser la bonne formule au bon moment. C'est également une leçon importante pour les secteurs qui pourront bientôt recourir aux flexi-jobs », affirme Yves Stox, Managing Consultant chez Partena Professional.

Commerce de détail : les flexi-jobs y trouvent une place structurelle

Dans le commerce de détail indépendant (CP 201) également, les différents statuts trouvent leur place au fil des saisons. Le travail étudiant atteint son apogée durant les mois d'été, tandis que les contrats à durée déterminée gagnent surtout en importance à l'approche de la période de fin d'année. Les flexi-jobs suivent un autre schéma : ils sont répartis de manière beaucoup plus régulière sur l'année et semblent surtout entrer en jeu lorsque la charge de travail augmente temporairement.

Leur importance ne cesse de croître. La part des heures flexi dans le secteur est passée de 1,71 % de l'ensemble des heures prestées en 2023 à 4,45 % en 2025. Les flexi-jobbeurs semblent s’assurer une place structurelle aux côtés du travail étudiant pendant les vacances d'été et des contrats de travail à durée déterminée durant la période chargée de fin d'année.

« Le commerce de détail indépendant montre que les flexi-jobs ne sont pas isolés, mais font partie d'un mix de personnel plus large. Chaque forme d'emploi a son propre rôle au fil de l'année. Pour les employeurs, l'enjeu consiste à mobiliser ces différents instruments de manière ciblée lorsque le besoin se présente », affirme Yves Stox, Managing Consultant chez Partena Professional.

La trajectoire suivie par les secteurs déterminera en partie l'impact du 1ᵉʳ juillet

Les exemples issus des différents secteurs montrent surtout qu’il n’existe pas de scénario unique. Les nouveaux secteurs autorisés à recourir aux flexi-jobs ne partent pas tous de la même situation : leur composition de personnel, leur saisonnalité ainsi que l’équilibre entre contrats de travail à durée indéterminée, contrats de travail à durée déterminée, travail étudiant et flexi-jobs diffèrent fortement. Dès lors, la place que prendront les flexi-jobs après le 1er juillet variera elle aussi d’un secteur à l’autre. Les chiffres observés dans les secteurs pionniers ne constituent donc pas une prévision, mais plutôt une invitation à éviter les conclusions trop générales.


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