
« Les entreprises ont intérêt à fixer dès maintenant avec leurs travailleurs le casse-tête des vacances pour le reste de l’année afin d’éviter de grandes vagues d’absences après l’été », ont déclaré les experts d’Acerta.
Grâce à une modification législative intervenue en 2024, les travailleurs peuvent, depuis le 1er janvier 2024, reporter leurs vacances légales sur les deux années calendrier suivantes, à condition toutefois de ne pas avoir pu les prendre avant la fin de 2024 pour l’une d’une dizaine de raisons spécifiques, dont l’incapacité de travail ou le congé de maternité. D’après les calculs d’Acerta, environ 1,6 % des travailleurs du secteur privé sont concernés au total. Il est intéressant de noter que pas moins de 85 % de ces travailleurs doivent encore prendre les jours de vacances reportés de 2024. Seulement 15 % ont déjà épuisé tous leurs jours reportés en 2025 ou début 2026. Sur l’ensemble des jours de vacances reportés de 2024, 89,5 % n’ont pas encore été pris. Comme les travailleurs tardent à prendre leurs jours de vacances reportés, un casse-tête complexe en matière de vacances se profile dans de nombreuses entreprises cet automne. En effet, les jours de congé reportés viennent s’ajouter aux vacances légales, qui sont également à prendre avant la fin de l’année.
Clara Minne, conseillère juridique chez Acerta : « Les jours de vacances que les travailleurs n’ont pas pu prendre en 2024 – notamment pour cause de congé de maternité, d’adoption ou d’incapacité de travail – ont déjà été payés par les employeurs en décembre 2024. Selon la législation, les travailleurs concernés doivent obligatoirement prendre ces jours de vacances reportés avant la fin de l’année 2026. Ils ne seront plus rémunérés pour ces jours, le paiement ayant déjà été effectué auparavant. Aussi bien les travailleurs que les employeurs ne se rendent pas toujours compte du casse-tête complexe que ce report de vacances peut créer. C’est pourquoi nous conseillons aux entreprises de travailler dès maintenant à un planning de vacances clair en concertation avec leurs différentes équipes et leurs travailleurs individuels afin d’éviter de grandes vagues d’absences en automne. »
Un constat frappant est que le report des jours de vacances est le plus fréquent auprès des grandes organisations. Cela va même plus loin : plus l’entreprise est grande, plus le nombre de jours de vacances reportés est important. Les grandes entreprises (de 500 travailleurs ou plus) représentent 55 % de l’ensemble des travailleurs avec un report et 44 % de l’ensemble des jours de vacances reportés.
Le secteur du non-marchand affiche le plus grand nombre de travailleurs avec un report de jours de vacances. Une explication à ce phénomène est le fait que le secteur des soins de santé affiche le pourcentage le plus élevé d’absences de longue durée (pour maladie ou congé de maternité, par exemple), qui donnent droit au report des jours de vacances. Nous retrouvons le plus faible nombre de jours reportés dans l’horeca. L’horeca, la logistique et le commerce de gros et de détail sont également les secteurs dans lesquels les travailleurs ont déjà pris le moins de jours de vacances reportés.

Illustration 1 : pourcentages de travailleurs avec un report de 2024 par secteur et total – chiffres propres à Acerta

Illustration 2 : pourcentage de jours de vacances de 2024 n’ayant pas encore été pris par secteur et total – chiffres propres à Acerta
Il est d’ailleurs à noter que ce sont surtout les femmes (78 % sur l’ensemble des travailleurs avec un report) qui reportent des jours de vacances. Cela est bien entendu dû au fait que le congé de maternité est l’une des raisons les plus courantes pour pouvoir reporter des jours de vacances.
À propos des chiffres
Cette enquête est basée sur les données réelles de quelque 546 000 travailleurs en service auprès de 35 901 entreprises. L’échantillon reflète le marché du travail du secteur privé en Belgique en ce qui concerne le statut, le genre, l’âge, le régime de travail, la région et la taille des entreprises.