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IA: un indispensable nouveau contrat fiscal et social

​Un article, publié dans le Financial Times de ce jour, m’a frappé. Il parle de la nécessité d’imaginer une nouvelle configuration sociale et fiscale dans le cadre de l’intelligence artificielle (IA), idée que je porte depuis 3 ans.

Je le résume ci-après

L’IA ne se résume pas à une question technologique. Elle pose une question sociale, fiscale et, finalement, démocratique. Car si l’IA accomplit demain une part significative des tâches aujourd’hui réalisées par les humains, ce n’est pas seulement l’emploi qui sera transformé. C’est tout le contrat économique qui devra être repensé.

Nos systèmes fiscaux et sociaux ont été conçus pour un monde où le travail constituait la principale source de revenus, de cotisations et de légitimité sociale. Or, si la valeur créée se déplace progressivement du travail vers le capital, les machines, les algorithmes et les infrastructures numériques, il faudra se demander qui finance encore la solidarité collective.

La question n’est donc pas de ralentir l’innovation. Ce serait vain, et probablement contre-productif. La vraie question est de savoir comment organiser la transition.

Si l’intelligence artificielle accroît considérablement les rendements du capital tout en réduisant la nécessité de travail humain, il deviendra difficile de maintenir un traitement fiscal privilégié pour certains revenus du capital. Il faudra sans doute rapprocher davantage la fiscalité des revenus du travail et celle des revenus patrimoniaux. Non par hostilité au capital, mais parce que l’assiette fiscale, fondée principalement sur le travail, deviendra insuffisante.

Il faudra aussi réfléchir à de nouvelles formes de prélèvements liées à l’usage intensif de la puissance de calcul, à l’automatisation et à la substitution du travail humain. Ce débat sera délicat, car il ne faut pas punir l’innovation. Mais il faudra éviter qu’une économie immensément productive ne devienne socialement déséquilibrée.

L’autre dimension est plus positive. Si l’IA rend certains savoirs presque gratuits — médecine de première ligne, accompagnement juridique, soutien scolaire, expertise administrative — elle pourrait réduire des inégalités très profondes. L’accès à l’expertise, aujourd’hui souvent lié au revenu, pourrait devenir beaucoup plus universel.

Enfin, il faudra peut-être imaginer des formes collectives de propriété du capital technologique. Si la richesse future est créée par quelques grandes infrastructures d’intelligence artificielle, la question de leur partage deviendra centrale. Un fonds collectif, public ou souverain, pourrait permettre à chacun de participer indirectement aux fruits de cette révolution.

L’enjeu n’est donc pas de choisir entre progrès et protection. Il est d’inventer une architecture sociale compatible avec une économie où le travail ne sera plus nécessairement le cœur de la création de valeur.​


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