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Impact démographique sur l'économie flamande

Le Bureau du Plan a publié la semaine dernière une mise à jour de ses perspectives démographiques jusqu’en 2080. Celles-ci ont également d’importantes implications économiques pour la Flandre.


Voici les cinq points principaux :

1. Moins de personnes rejoindront le marché du travail

Le nombre de personnes âgées de 20 à 64 ans, la tranche d’âge théoriquement active, continue d’augmenter en Flandre également pour les prochaines décennies. Cela constitue une différence notable avec de nombreuses régions voisines où la population en âge de travailler diminue effectivement. Néanmoins, la croissance de ce groupe ralentit aussi chez nous. Au cours des 25 dernières années, on observait en moyenne une augmentation annuelle de 13 000 personnes âgées de 20 à 64 ans ; ces 25 prochaines années, ce chiffre tombera à 7 000 par an (soit une augmentation annuelle passant de 0,35 % à 0,18 %). Cela implique qu’il sera plus difficile d’obtenir une croissance économique par l’intégration d’un plus grand nombre de personnes actives (car la progression relative de la population active est plus faible). Par ailleurs, les difficultés à trouver du personnel qualifié resteront un défi (et vont même s’aggraver). La demande en travail augmentera structurellement plus vite (les 20 dernières années ont vu un accroissement net de 30 000 emplois par an) que l’offre disponible.


2. Une augmentation spectaculaire du nombre de retraités

Le vieillissement de la population se poursuit naturellement aussi en Flandre. De maintenant à 2080, la population des 65 ans et plus augmentera de 900 000 personnes (passant de 1,5 million à 2,4 millions). Au milieu des années 90, il y avait encore 4 personnes en âge de travailler par retraité de plus de 65 ans. Aujourd’hui, ce ratio est tombé à 2,6 et atteindra 1,8 en 2080. Dans un système de pension où les actifs financent les pensions courantes (aucun capital n’est accumulé pour la retraite), cette dynamique démographique exerce une forte pression sur la base financière. C’est pourquoi le gouvernement fédéral prend enfin des mesures pour préserver la viabilité financière des pensions à long terme (même si les mesures actuelles ne suffiront pas encore).


3. L’espérance de vie moyenne augmente

L’espérance de vie moyenne continue d’augmenter. Aujourd’hui, elle est de 82 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. En 2080, elle atteindra 91 ans pour les deux sexes. L’espérance de vie à 65 ans évolue de 20/22 ans en moyenne aujourd’hui vers presque 27 ans pour les deux en 2080. L’âge moyen auquel les personnes arrêtent de travailler en Belgique est actuellement de 62 ans. Si cet âge n’est pas relevé, la durée moyenne de la pension s’étalera donc sur 30 ans. Cela se compare avec la durée moyenne actuelle de la carrière professionnelle de 35 ans. Il doit être clair que cette situation est financièrement difficilement soutenable. Dans ce contexte, travailler plus longtemps est une nécessité pour maintenir notre État-providence.


4. Peu d’enfants naissent

Le nombre moyen d’enfants par femme reste assez stable à 1,6, bien en dessous du niveau de remplacement de 2,1. Cela dure depuis longtemps et constitue également un phénomène international. Certains milieux plaident pour plus d’enfants, mais ce n’est pas une stratégie politique sérieuse. De toute façon, il est très probable que la tendance générale vers moins d’enfants (également liée aux opportunités économiques accrues pour les femmes) ne sera pas inversée. Et même si ce changement réussissait, il faudrait encore attendre 20 ans avant qu’il ait un impact positif sur le marché du travail.


5. Croissance démographique via la migration

Le seul facteur par lequel la population continuera d’augmenter dans les prochaines décennies est la migration. Sur le plan économique, cela peut être positif, mais uniquement à condition que les personnes concernées soient intégrées sur le marché du travail. En la matière, nos performances sont insuffisantes. En Flandre, seuls 57 % des 20-64 ans de nationalité non européenne sont actifs. Ce taux est parmi les plus bas des régions européennes et plus de 20 points de pourcentage inférieur à celui des personnes de nationalité belge.


Historiquement, notre croissance économique est due à la combinaison de deux facteurs : plus de personnes actives (l’emploi) et une production accrue par travailleur (la productivité). Les perspectives démographiques mises à jour confirment une nouvelle fois que ce modèle changera profondément dans les décennies à venir. Il n’y aura tout simplement plus assez de nouveaux entrants pour créer une dynamique de croissance suffisante par le biais d’un accroissement de la population active (et en Flandre, la situation reste encore relativement meilleure qu’ailleurs en Europe). Cela signifie que la richesse future devra quasi entièrement provenir d’une croissance plus forte de la productivité. Tant les entrepreneurs que les décideurs politiques devront se concentrer beaucoup plus sur la création de croissance sans recours à une augmentation du nombre de travailleurs. C’est là que résidera la croissance future de notre prospérité.


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